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l'Etoile fugitive

les oeuvres > MENACES COSMIQUES

L’Etoile fugitive par Vargo Statten, Fleuve Noir éd., 1956, coll. " Anticipation " N°74, 1 vol. broché , in-12 ème , 192pp. couverture illustrée par Brantonne.  roman d’expression anglaise (GB)
1 ère parution : 1956   titre original : The renegade star
menaces cosmiques


Vargo STATTEN

(1908-1940) Pseudonyme de  John Russel FEARN. Ecrivain anglais dans le champ de la littérature populaire. Prolifique, il se partagea entre romans policiers, western, et science-fiction. Il écrivit quantité de romans et nouvelles pour les pulps anglais et américains, sous de nombreux pseudonymes. Son style fut qualifié de "fluide" mais non suffisamment "travaillé"

Arthur Stokes, le scientifique,  fut le premier à s’en aviser. De ce qui n’était encore qu’une tache floue dans son téléscope, il imagine sans peine ce qu’il adviendrait de la Terre dans une vingtaine d’année, lorsque cette tache, se transformant en un soleil brûlant frôlant avec certitude le système solaire, signerait l’arrêt de mort de l’espèce humaine.
L’étoile fugitive augmenterait non seulement l’activité de notre propre soleil dont les éruptions de gaz menaceraient notre planète mais encore arracherait une partie de sa chronosphère plongeant la Terre – si celle-ci avait résisté à la chaleur - dans de terrifiantes tempêtes électromagnétiques.
Stokes, refusant la fatalité, engagea les hommes politiques à l’action pour qu’ils programment la mise en place de vastes réseaux d’abris souterrains. Ceux-ci ne bougèrent pas, incapables d’assumer leurs responsabilités pour cause d’impopularité électorale. D’un commun accord, avec le reste du monde scientifique, il entama les travaux, organisant pour son propre compte un laboratoire-abri souterrain.
Avec les années qui passèrent, l’éclat et la proximité de plus en plus grande de l’étoile fugitive affolèrent les populations. Bien qu’avec du retard, partout de par le monde, l’on songea à se protéger du terrible rayonnement, et Stockes,  enfin mis au premier plan, coordonna les travaux. Il était le seul cependant à évaluer les conséquences électriques terrifiantes de la catastrophe et à concevoir un plan gigantesque pour arracher la terre à son destin. Il éduquera sa fille unique Evelyn pour qu’elle reprenne sa mission à sa mort. Lorsque l’étoile fut proche, aussi grosse comme notre soleil, grâce aux abris souterrains, l’humanité absorba le premier choc :
« le jour fatidique arriva. C’était le 19 octobre 1980 et, à six heures douze du soir, instant de la plus grande proximité de l’étoile, la Terre, deux heures durant, fut ravagée par de vastes séismes et une succession de secousses qui firent d’elle une planète pourrie, sans équilibre, soumise aux combats de gravitation de deux soleils ennemis. »
Déjà l’on cria victoire lorsque commencèrent les tempêtes électriques, engloutissant des régions continentales immenses, telles que l’Australie ou l’Amérique du Sud :
« En comparaison, les désastres occasionnés par le passage de l’étoile paraisaient minimes. Rio était devenue un flamboiement d’éclairs, une ruine croulante au sein d’une gigantesque convulsion électrique dont le souffle avait arraché la ville de ses fondations et électrocuté la population. De celle-ci, il ne restait plus que des cendres. Quatre heures plus tard, Rio n’était plus qu’un souvenir, un désert de pierres noircies et effritées, de corps calcinés. »
Stokes disparu, ce fut Evelyn, en pleine maturité scientifique, qui prit le relais. Elle convainquit le savant Morgan de la pertinence du plan conçu par son père : déplacer toute la terre vers un autre soleil pour assurer sa survie. La machinerie qui permettrait cette action était, grâce à son père, opérationnelle. Il s’agissait de libérer notre globe de la gravitation, puis de le diriger sur un canal « d’éther » à une vitesse inconcevable vers le système d’Alpha du centaure, enfin de protéger par un maillage électromagnétique, l’atmosphère et la surface terrestre durant le voyage, les humains prenant place dans les abris souterrains encore opérationnels.
Morgan, sonna le tocsin général. A l’heure dite, la terre se libéra de l’emprise de son soleil pour se diriger vers une nouvelle étoile. Mais, peu de temps avant son arrivée, l’une des machines assurant la cohérence de l’ensemble, céda. La Terre dépassa son but, s’enfonça en un nouvel univers, resta finalement prisonnière d’un soleil étrange et étranger sur une « orbite de force ». Evelyn, analysant la situation, sut qu’il ne s’agissait là que d’un sursis provisoire, notre planète devant irrémédiablement finir brûlée comme un phalène par une lampe. Après bien des tâtonnements, elle réussit à remettre ses machines en route utilisant comme boussole l’énorme masse magnétique d’une étoile morte mais située dans notre propre univers. Notre terre repartit vers son berceau historique.
Le passage de l’étoile  fugitive avait bouleversé le paysage de notre système solaire à un point tel qu’il fallait trouver un nouvel équilibre et une nouvelle orbite à notre globe. Quatre tours électromagnétiques gigantesques furent construites aux quatre points cardinaux. Elles devaient stabiliser le monde tant que durerait l’humanité.  Plus tard, l’on s’aperçut que la terre, parfaitement autonome dans son mouvement, pouvait se passer de ses piliers. Ainsi, grâce à Evelyn, l’humanité reprit vie et, après des siècles puis des millénaires, seule une statue à moitié oxydée rappela à nos descendants le rôle immense que joua cette femme dans l’histoire du monde :
« Au milieu des ruines croulantes des édifices autrefois colossaux, penchés maintenant sous l’effet des affaissements du sous-sol, la statue de bronze tenait bon. Le temps et les saisons l’avaient dégradée, et il eût été difficile d’y retrouver l’image d’une femme.(…) Peut-être était-il juste que cette statute se dressât sur la ligne qui marquait la limite entre le jour et la nuit, silhouette dont l’un des profils seulement se détachait sur le rouge du soleil déclinant, tandis que les mains levées montraient les étoiles et les profondeurs abyssales dans lesquelles avait disparu Evelyn elle-même, sans espoir de retour… »
« L’étoile fugitive » dont l’argument est plus que chimérique ne manque pourtant pas de souffle épique. Il est l’un des récits les plus inspirés de Vargo Statten. Des accents « à la  Stapledon » parcourent un texte au style nerveux et haché. La convention romanesque assumée, la distanciation scientifique enfin prise, permettent de goûter au plaisir d’une lecture sans arrière-pensée.


couverture du roman "l'Etoile fugitive"
couverture de la 1ère édition française du roman
 
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