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L'AUTOROUTE SAUVAGE

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L’AUTOROUTE SAUVAGE
par Gilles Thomas
sociétés post-cataclysmiques 1


Gilles THOMAS

(1929-1985) Alias Julia Verlanger. Romancière française de science-fiction. Débute à la revue Fiction par une vingtaine de nouvelles. Romans bien construits, style agréable, talent de conteuse, la romancière a exercé une influence certaine sur quelques jeunes auteurs actuels. Création du Prix Verlanger.

Vol.01. l’Autoroute sauvage, Fleuve noir éd. 1993, coll. "Anticipation (Métal) " N°1925 (1 ère  éd. dans la même collection N°742), 1 vol. broché, in-12 ème , 190 pp., couverture illustrée par Florence Magnin. roman d’expression française.
1ère parution:1976
Gérald,  jeune solitaire, plutôt doué pour rester en vie, a décidé à gagner le sud du pays en empruntant à pied les restes de l’autoroute A7 en une France post-cataclysmique. Immédiatement, il liquide trois " groupés " qui le visualisent sous la forme d’un bifteck :
" Je me suis retourné pour voir l’arc, et la flèche pointée. J’ai bougé, très vite, en lançant le couteau. La flèche n’a pas fait mouche, mais ma lame, si. Elle s’est enfoncée jusqu’au manche dans le cou de l’archer.  Une fronde tournoyait en sifflant. Flexion du buste, jet du deuxième couteau. Une bille d’acier a ronflé pas bien loin de mon crâne. Le frondeur hoquetait, en crachant des bulles de sang. "
En passant, il  sauve la vie d’Annie, jeune fille intrépide et décidée dont il tombera malgré lui éperdument amoureux. Elevé par Jo, mort récemment de " la peste bleue ", maladie épidémique responsable de la désertification du pays, Gérald n’a aucun projet précis, sinon celui de rester en vie. Aussi la proposition d’Annie qui souhaite gagner Paris, ne lui convient pas. Ils lieront aussi connaissance avec Thomas, un autre solitaire qui deviendra plus tard leur ami. Mais le jeune couple se fera bêtement surprendre par une bande de fanatiques pseudo-religieux menée par un sadique. Ses agissements avec la petite Rose pousse Gérald à se surpasser. Annie, à l’aide de son arc, aussi efficace que le garçon avec ses couteaux, permettra au couple de s’extirper de leurs griffes.
La jeune fille n’a pas abandonné son idée fixe, se rendre à Paris pour y chercher un dossier donnant les indications d’un remède à la peste bleue. Originaire de l’île de Porquerolles où réside encore sa famille avec une poignée de civilisés, Annie, après son détour urbain, consentira à suivre Gérald en direction du sud. En ronchonnant, le jeune Solitaire se décide enfin à changer de direction :
" Tu sors d’où ? D’une autre planète ? Une grande ville, ça veut dire des poches de gaz hallucinogène, de gaz paralysants, des mares de bactéries, des floppées de rats. Les rats. Au moins ça, tu connais, non ? Ca véhicule la peste bleue, les rats, figure-toi. Une grande ville ! Rien à bouffer, parce que tout ce qui vit là-bas risque d’être infecté, et rien à boire, parce que même la Seine doit être dangereuse sur ses bords, là où il reste parfois de l’eau stagnante. Et je ne te parle pas des égouts. Un paradis de bactéries, et chaque fois qu’il pleut, ça dégorge dans le fleuve. (…) Tout est tombé sur les grandes villes. Absolument tout. Sauf la bombe atomique, parce qu’ils craignaient de détruire la Terre, mais ils l’ont détruite, quand même, d’une autre façon ".
La traversée vers le nord est animée. Dans une propriété déserte, Gérald victime d’un accident, balancera entre la vie et la mort. Sans le dévouement d’Annie, il n’aurait pas survécu. Plus loin, dans la région de Nemours, près du village de Souppes, devant une propriété fortement défendue, ils découvrent un homme supplicié, entortillé dans des fils de fer barbelés. C ‘est Thomas, victime d’un  Seigneur de la guerre. Ils le délivrent. Après avoir réglé son compte au chef indigne, ils poursuivent vers Paris. L’entrée en ville  est périlleuse ; des dangers innombrables guettent le petit groupe :
" La ville, c’était quelque chose ! De chouette ! Une accumulation de squelettes invraisemblable. L’ossuaire dans toute sa beauté. Des os, on en avait déjà croisé pas mal, en traversant la banlieue. Mais là, ça dépassait les bornes. Ils étaient partout. Affalés sur les trottoirs, étalés sur la chaussée, entassées derrière les vitres brisées, enfermés dans des carcasses de voitures. Des fois, ça tenait ensemble, des fois, c’était éparpillé comme par la patte d’un chat. On bousculait des crânes, on repoussait des cages thoraciques, on piétinait tibias et fémurs. "
Suivront une poche de  gaz hallucinants place Denfert-Rochereau qui manque de détraquer Gérald, la pollution de la Seine, les rats, et surtout une nouvelle forme de vie mutante, une sorte de gelée animant des squelettes. Ils retrouvent cependant le dossier dans le petit appartement de la rue Croix-des-Petits-Champs, ne songeant qu’à quitter au plus vite les lieux. Une dernière rencontre avec des survivants retournés à l’état de bêtes sauvages les fera encore frémir :
" Ils ont surgi des buissons, de derrière les arbres, de l’abri d’une statue. Quinze ou vingt, peut-être. Mâles et femelles. L’une d’entre elles portait une petite horreur grise et déjà chevelue accrochée à son sein. Ils se ressemblaient comme des pois dans une cosse. On les différenciait plus par la poitrine que par le sexe enfoui dans une floraison de poils. Des yeux. Sans une lueur d’intelligence. Ca exprimait deux choses : la peur et la faim. Ca grondait, les dents à nu, mais sans oser attaquer."
Après la porte de Vanves, Annie disparaît mystérieusement. Gérald perdra beaucoup de temps à la chercher, en vain. Le cœur brisé, il suivra Thomas en direction du sud. Mais, ayant trop tardé, ils seront surpris par l’hiver glacial dans le massif Central. Sans Bernard (St Bernard ?) et son groupe, ils seraient morts de froid.
Requinqués au sein d’une ferme accueillante, ils laisseront passer la mauvaise saison avant de repartir. Arrivés en face de l’île de Porquerolles, ils allument, comme prévu, un grand feu pour signaler leur présence. Une surprise divine attend Gérald : c’est Annie elle-même qui vient à sa rencontre. Enlevée par une bande de lesbiennes, elle avait finalement réussi à se dégager de sa captivité pour rejoindre toute seule sa famille. Fous de joie, l’une à l’idée que le dossier a bien été récupéré, l’autre à l’idée de retrouver sa campagne, nos deux tourtereaux prendront un long repos dans cette île bénie des dieux.
Un roman post-cataclysmique d’une grande efficacité où l’intrigue linéaire rebondit constamment en actions diverses, sans que le lecteur ne puisse reprendre haleine. Servi par un style descriptif qui privilégie décor et comportement, "l’autoroute sauvage " donne un second souffle, de par sa nouveauté, à une collection vouée à l’immobilisme.
Vol. 02 : la Mort en billes, Fleuve Noir éd., octobre 1994,  coll. " Anticipation  (Métal) " N° 1710 (1 ère  éd. dans la même collection N° 772), 1 vol. broché, in-12 ème , 219 pp. couverture illustrée par Florence Magnin. roman d’expression française
1ère parution: 1976
Peu à l’aise sur l’île de Porquerolles, Gérald se voit confier une mission par le père d’Annie, consistant à contacter le groupe de Bernard vivant dans le Massif Central, près d’Ambert, et à le convaincre de se réfugier dans l’île  qui a un besoin essentiel de techniciens et d’ingénieurs.
Dans la même foulée, il pourra aussi tester le remède contre la peste bleue, mis au point à partir du protocole rapporté de Paris. Thomas et Gérald se remettent en route et sauvent de la mort la petite (et insupportable) Marie-Thérèse, dit MariThé, de " la mort en billes ". Se reposant au bord d‘une rivière, ils se font voler le remède par Axel, un solitaire, mis au contact de la maladie. Heureusement, Axel, rejoint par le groupe, est de bonne composition et deviendra leur ami. Lorsque Axel et Thomas se feront capturer par une dangereuse bande de " groupés ", c’est lui qui conduira MariThé auprès de Bernard.
En  attendant, le sort de Thomas et Gérald n’est pas enviable. Les groupés, adeptes du cannibalisme, les enferment dans le garde-manger auprès d’autres " moutons :
" -On prend celui-là, a décidé Bec de vautour.
-D’ac, a accepté Rougeaud.
Ce choix a fait exploser Pleine lune en cris stridents. Un porc à l’abattoir. Et il s’agissait de ça, tout juste. Rougeaud a tranché le licou noué à un anneau, pris l’extrémité de la corde en main, tiré un coup sec, et entraîné Pleine Lune en l’étranglant à moitié. Bec de vautour activait le bestiau en cinglant vigoureusement ses fesses charnues.
Ils sont sortis. La lourde porte s ‘est refermée, sans éteindre les clameurs suraiguës de Pleine Lune. Elles se sont intensifiées, au contraire, vibrantes à crever les tympans, puis se sont interrompues net. "
Bien que nombreux, ils auraient dû se méfier davantage de Gérald. Se libérant, nos deux héros exécuteront sans pitié la bande de cannibales, puis, laissant les moutons organiser leur propre société, ils reprendront la route vers le Massif Central jusqu’à leur rencontre avec Jean-Pierre, un soldat, dont l’hélicoptère se pose à leurs pieds. Jean-Pierre est originaire de Suisse, du canton de Vaud, où subsiste encore une force organisée. Sous la férule des militaires, les Suisses ont mieux résisté à la catastrophe et Lausanne connaît une vie civilisée. Le jeune militaire, en mission d’exploration, apprécie le fait que Gérald possède un remède contre le mal et souhaite ramener sans attendre les deux solitaires à Lausanne auprès de son chef. Malgré la méfiance légitime existant entre les deux partis et leur culture si différente, le général suisse, témoignant de sa confiance en Gérald et Thomas, commande à Jean-Pierre de les mener par la voie des airs, le plus rapidement possible, vers Bernard. Hélas ! le crash de l’engin à cent kilomètres du but oblige les trois alliés à parcourir à pieds le chemin restant, en traînant Jean-Pierre gravement blessé, dans une nature hostile, où abonde la mort en billes ou " gelée ".
Ils toucheront non sans peine à leur but et, à peine remis, avec Bernard et son groupe, ils reprendront sans désemparer et à cheval, la route du sud. Un trajet cauchemardesque où ils affrontent les mutants transparents qui, se multipliant par scissiparité, augmentent en nombre. Quoique lents, ceux-ci demeurent redoutables car obstinés, et semblent indestructibles. A bout de forces, les humains atteignent enfin la côte en face de l’île. Prévenus par les Suisses, qui y avaient déjà dépêché un hélicoptère, les insulaires viennent chercher les immigrants en bateau. La victoire fut totale pour Gérald lorsque, par hasard, il découvrit le point faible de la gelée : elle explosait lorsqu’on y boutait le feu !
Vol. 03 : l’Ile brûlée , Fleuve Noir éd., 1 er  trimestre 1979,  coll. " Anticipation " N°910, 1 vol. broché, in-12 ème , 219 pp. couverture illustrée par  Young Artists. roman d’expression française.
1ère parution: 1979
Gérald et Thomas retournant à Porquerolles découvrent l’étendue du désastre : toute l’île a été brûlée et les implantations humaines anéanties par ceux qu’ils appelleront plus tard " les Cracheurs de feu ", en provenance de la côte tunisienne.Grâce à leur ami, le général suisse, un groupe comprenant Alex, Thomas et Gérald, se fera parachuter au-dessus du territoire ennemi. Immédiatement capturés, ils seront confrontés à une jeune femme télépathe, mutante de la peste bleue, meneuse des Tunisiens et désireuse d’expansion territoriale.
Avec constamment un temps de retard dans leur prévision, Gérald et Thomas seront libérés par Gamal, un télépathe mâle, originaire de " la Démence ", région désertique bourrée d’insectes  et de plantes aux pouvoirs étranges et souvent mortels. Là, après un nécessaire temps de repos, ils affronteront à nouveau les Cracheurs de feu pour libérer Alex et Annie. Par l’entremise d’un vieux savant, prisonnier lui aussi, qui a réussi à contrôler la gelée , l’expédition est couronnée de succès. Annie, localisée et Alex récupéré, s’ensuit le chambardement systématique de la base, la fuite vers la Démence sans que les Cracheurs de feu, désorganisés, n’aient rien pu empêcher. Les forces suisses prévenues par Gamal, règlent définitivement et sans pitié le sort des pirates en trois jours. Tandis que Gérald blessé récupère à Lausanne en rongeant son frein, Annie rejoint Porquerolles où les survivants se réorganisent.
" L’île brûlée " constitue le troisième et dernier volet du cycle de " l’Autoroute sauvage. " Toujours aussi vivant et coloré, le récit, sans prétention, se lit agréablement à cause surtout de la technique narrative du monologue intérieur attribuée à un Gérald gouailleur.


couverture du roman "l'autoroute sauvage"
couverte du roman en édition originale
 
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