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l'air empoisonné

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L'AIR EMPOISONNE

Ce thème pourrait prendre place dans le cadre plus général des menaces climatiques, les bouleversements de l'atmosphère étant souvent d'origine telluriques ou cosmiques comme la disparition de la couche d'ozone protectrice au-dessus de nos têtes ou la pollution par les gaz volcaniques. Ici c'est l'action de l'homme qui est envisagée. Aujourd'hui, la pollution industrielle génère de graves perturbations dans la chimie atmosphérique. Des nuages gigantesques et jaunes stationnent au-dessus des grandes cités du globe où parcourent d'énormes distances avant de se dissoudre. Aucune journée ne se passe en été sans une alerte à la dioxine et aux mesures soi-disant appropriées pour y remédier comme l'abaissement de la vitesse automobile de vingt kilomètres à l'heure (!)
En science-fiction, la thématique marque un moment important avec l'apport de Flammarion, plus tard romancé dans son récit sur la fin du monde. Observant le passage périodique de la Grande Comète dans l'environnement de la Terre, il put déterminer avec certitude que notre globe allait traverser la queue de celle-ci. Qu'allait-il se produire?  La vie humaine ne serait-elle  pas menacée par un gaz d'origine extraterrestre? Il fit part de ses inquiétudes dans les journaux de l'époque, ce qui provoqua un nombre non négligent de comportements aberrants, comme de  suicides ou des retraits financiers exagérés traduisant l'angoisse profonde d'une partie de la population. La Terre traversa ce gaz ténu et rien ne se passa. Mais aurait-ce été pareil si ce gaz avait consisté en acide cyanhydrique, mortel pour l'homme? Verniculus dans sa Comète de 1904 reprit cette même idée avec un gaz explosif, semblable au grisou. Par la sottise d'un militaire qui traquait des anarchistes en ballon à coups de bombarde, au moment fatidique,  le gaz fut enflammé et la terre s'éparpilla dans l'espace. Pour M.P. Shiel, dans le classique récit "le Nuage pourpre", ce sont des volcans qui empoisonnent l'atmosphère terrestre, où les terriens condamnés sentiront tous, avant de mourir, la fameuse odeur d'amande amère caractérisant le cyanure. L'espèce humaine disparaît empoisonnée laissant à la surface du globe son dernier représentant (forcément, celui qui rend compte de la tragédie).
L'on trouve cette idée aussi chez Jules Verne dans une nouvelle marginale mais succulente, "une Fantaisie du Dr. Ox" le savant augmente la proportion d'oxygène dans l'air au-dessus de sa petite ville. Ses concitoyens après s'être épuisés de rire, plongent dans une profonde dépression suite à l'intoxication de leur système nerveux. La menace peut cependant être effrayante ou lourde de conséquences si elle est le fait de l'action d'un groupe terroristes ou d'illuminés paranoïaques. Dans "Game Over" de Daniel Blick, le récit offre la course haletante d'un groupe de scientifiques pour arrêter le décompte fatal pour une terre dont l'oxygène, à cause d'un catalyseur inédit, disparaît, provoquant  la mort par étouffement. Les fanatiques seront exécutés et le monde s'en sortira avec de profonds stigmates.
Parfois ce sont les militaires qui déraillent. Leurs recherches sur les gaz létaux ou toxiques sont entourées d'un profond secret. Mais qu'arrive-t-il en cas de fuite? C'est l'idée de base de "Plein Gaz" de Charles Platt. Au-dessus  de l'Angleterre se déploie un nuage toxique dont le principe est de stimuler les fonctions génésiques des êtres vivants. La société se transformera en une immense partouze où toutes les perversités s'exprimeront sans freins. Cette frénésie de copulation provoquera la chute de la civilisation en un clin d'oeil et nos héros devront apprendre à vivre au grand jour avec leurs pulsions
Le thème de l'air empoisonné, bien circonscrit dans ce genre spécifique, permet de beaux effets cataclysmiques et de sombres tableaux descriptifs que nos auteurs se font une joie de composer.


 
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