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Je suis une légende

les oeuvres > EPIDEMIES

Je suis une légende par Richard Matheson, Denoël éd., 1990, coll. " Présence du futur  N°10 ", 1 vol. broché , in-12 ème , 191 pp. couverture illustrée par Stéphane Dumont. roman d’expression anglaise  (USA)
1ère  parution : 1954 : titre original : I am legend
épidémiesle dernier homme


Richard MATHESON

(1926-) Ecrivain américain de SF et de suspense. Après des études de journalisme, se tourne vers la  littérature. Ses deux premiers romans deviennent célèbres. Scénariste pour des séries télévisées (4ème Dimension, Star Trek). Auteur de plus de 200 nouvelles dans le domaine du suspense, du fantastique, du policier, de la SF. Récompensé par de nombreux prix, dont le Hugo. Considéré comme un classique.

Robert Neville, dernier homme sur terre, est cerné dans sa maison par des êtres humains transformés en vampires. Comme d’autres avant lui, il s’était gaussé jadis du phénomène du vampirisme le tenant pour un mythe. Mais cette fois, la réalité dépasse la fiction. Pour une raison indéterminée, peu à peu, tous ses contemporains ont basculé dans le camp des morts-vivants, y compris son ami Ben Cortman et sa femme Virginie. Vivants la nuit, se nourrissant de sang et de chair humaine, ils sont inoffensifs de jour.  Neville met à profit la pause diurne afin de nettoyer la zone autour de sa maison avant de chercher des provisions pour pouvoir survivre :
" Il arrêta la camionnette et en descendit rapidement pressé d’en finir avec ce travail. Il tira l’un des corps jusqu’au bord de la fosse et l’y jeta. Le corps roula le long de la pente et s’arrêta sur l’énorme tas de cendres brûlantes, au fond du trou. Neville retourna à la camionnette, en respirant avec peine. "
La nuit venue, les vampires envahissent à nouveau son territoire et Cortman surtout,  le supplie de les rejoindre. La lutte de Neville contre les vampires prend deux formes. La première, traditionnelle, consiste à empêcher l’approche des êtres de la nuit par de l’ail disposé en chapelets, par des croix, des miroirs. Il constate aussi qu’avec le traditionnel pieu dans le cœur ou la lumière du jour, ils sont immédiatement détruits. D’un autre côté, il cherche l’origine du vampirisme de façon scientifique. En examinant du sang corrompu au microscope, il découvre une bactérie inconnue, vraisemblablement à l’origine de l’épidémie :
" Ainsi, ce n’était pas un virus. Un virus eût été invisible. Et ce qu’il voyait se trémousser légèrement entre les lamelles de verre, c’était un germe… Tandis qu’il regardait avidement, l’œil collé à l’oculaire, les mots se formèrent eux - même dans son esprit : " Je te baptise vampiris… "
Cette bactérie  a le pouvoir de survivre lorsque les conditions sont mauvaises, en produisant des spores. Les tempêtes de sable incessantes, les retombées douteuses de poussière suite à une guerre antérieure, ont dû être les vecteurs de sa propagation sur une grande échelle.
Quant à lui, il semble être naturellement immunisé contre le fléau. Cependant Neville se sent seul. Il aspire à une compagne et, à plusieurs reprises, souhaite en finir avec une vie si difficile. Une lueur d’espoir se manifeste cependant lorsqu’il trouve un chien qui, comme lui, paraît immunisé, car le fléau n’a pas épargné les animaux.Il essaye de s’en faire un ami. Après de longs efforts et au moment même de sa réussite, le chien meurt.
Neville constate que la maladie affecte deux catégories d’êtres humains. Les déjà morts que la bactérie réanime artificiellement en investissant leur corps. Ceux-là tombent en poussière dès que leur sang se retrouve en contact avec l’oxygène (le pieu dans le cœur) car l’envahisseur est anaérobie. Les autres ont été infectés de leur vivant. Ils restent donc vivants, quoique vampires. Mais comment distinguer les deux types de mutants? Voilà pourquoi Neville les tue, sans distinction :
" En mettant des chapelets d’ail aux fenêtres, en défendant la serre, en brûlant leurs cadavres, en les détruisant un à un, il réduisait lentement leur nombre. Mais à quoi bon se leurrer ? Il n’avait jamais rencontré un homme pa
reil à lui, un homme normal … "
Un jour il rencontre Ruth, une jeune femme qui a échappé à l’épidémie. Neville, bien que  méfiant à son égard, l’entraîne dans sa maison. Après une nuit d’amour, Neville, pour être définitivement convaincu de l’innocuité de sa compagne, lui propose un test sanguin. Ruth feint d’accepter, puis, par surprise, l’assomme. Neville se réveille prisonnier tandis que dans les couloirs, au-dehors,  grouillent les vampires. Ruth lui explique qu’elle a été envoyée par les vampires pour le capturer afin de faire cesser ses inutiles tueries, que ses compagnons considèrent d’ailleurs comme des assassinats puisque Neville reste le seul être monstrueux dans une humanité enfin normalisée. Il lui faudra donc disparaître pour que le nouvel ordre puisse s’installer :
" - Robert Neville, dit-elle. Le dernier représentant de la vieille race… Le visage de Neville se crispa. - Le dernier ? questionna-t-il, envahi par l’étrange sentiment d’une solitude affreuse. - Autant que nous le sachions, répondit prudemment Ruth. Lorsque vous ne serez plus, il ne restera personne de votre espèce dans notre société… particulière. Il regarda en direction de la fenêtre. -Il y a …des gens… dehors…Elle acquiesça. - Ils attendent, dit-elle. - Ma…mort? - Votre exécution. "

Récit classique porté à l’écran par Bob Segal sous le titre "le Survivant ". Récit exemplaire qui fonde la différence entre les deux genres, fantastique et science - fiction en asseyant le mythe sur des éléments rationnels. Par une étrange inversion, Neville, le dernier homme, est le seul monstre aux yeux d’une humanité transformée. L’intrigue sans fioritures, l’approche behavioriste du personnage permet un texte tendu et une lecture aisée de ce roman toujours actuel.


couverture du roman "Je suis une légende"
un classique parmi les classiques
 
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