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INVASIONS D'INSECTES


Les insectes nous répugnent, c'est un sentiment universellement partagé. Ils grouillent, rampent, crissent, se tordent, pénètrent les corps, se développent sur et dans les cadavres, prolifèrent de manière insensée. Leur mode de reproduction n'en est pas moins curieux: la métamorphose de la chenille en papillon dissous le corps, le durcit, le déchiquette. Leurs moeurs sont horribles selon le jugement humain: la mante religieuse décapite son mâle, l'araignée ligote sa victime vivante pour qu'elle serve de garde-manger à ses rejetons. Les populations de fourmis présentent toutes les tares de l'espèce humaine; elles ont inventé la dictature, la spécialisation du travail, l'esclavage, le parasitisme, la domination guerrière.  Enfin leur schéma corporel est si loin de celui des mammifères qu'il pourrait s'agir d'aliens: le nombre de leurs pattes, l'exosquelette, leurs performances sportives ramenées à leurs dimensions, leur trompe, chélicère, suçoir, poils urticants,  les entourent d'organes étranges. Sans âme et d'un comportement mécanique, il n'est pas étonnant de retrouver leur forme dans celles des multiples envahisseurs martiens, vénusiens, galactiques dont les pulps font une description immodérée, ainsi que le cinéma (Etoiles garde-à-vous de Heinlein,).  La seule qualité qu'on leur reconnaît, c'est leur petite taille; tellement petits qu'on peut les écraser facilement et... sans remords. Ils ne menaceront pas directement la souveraineté de l'être humain. Cela est-il exact?
Leur prolifération insensée, par exemple, est l'un des plus grands dangers qui soient. Soit directement, par une véritable infestation (poux, tiques, etc) soit indirectement, en menaçant nos équilibres alimentaires (l'action des criquets pèlerins dévastant les champs cultivés ou des charançons s'attaquant aux graines de blé).  Ils représentent l'une des plaies associées à l'apocalypse. Dans "Miasmes de mort" , par exemple, les mouches , symboles du mal, prolifèrent à tel point à Paris que les combattants sont obligés de se déplacer en scaphandre et qu'il suffit d'une  seconde à l'individu en contact avec elles pour qu'il se retrouve avec tous ses orifices remplis de larves. Si, de surcroît, les insectes devenaient intelligents, le sort de l'espèce humaine serait immédiatement scellé. La "Guerre des mouches" de Jacques Spitz, avec une ironie grinçante,  en pose les fondamentaux: les mouches de toutes espèces, avatars transparents des nazis, livrent une guerre sans merci à l'être humain, et la gagnent.
Le grouillement est largement exploité puisqu'il apparaît comme élément indispensable dans un texte censé suggérer la nausée. Wells s'y livre avec sa nouvelle "le Royaume des fourmis". Dans les "Insectes de feu", des cafards intelligents, surgis de l'intérieur de la terre, communiquant avec leur dieu Parrmiter, du nom du savant entré en relation avec eux, causent des dégâts sérieux à la cité,  en créant des incendies nombreux et dévastateurs.
Et que dire lorsqu'ils apparaissent avec une taille surdimensionnée, aussi grande que celle de l'être humain?  Les "Furies" remplissent bien leur rôle de déesses de la vengeance. Entités extraterrestres agressives ayant optées pour des corps de guêpes d'une taille gigantesque, quasiment indestructibles, elles réduisent l'homme en esclavage, s'appuyant sur des collaborateurs humains, dans un but connu d'elles seules. "Druso" du tchèque Freksa relate l'histoire prodigieuse d'une race insectoïde d'origine extraterrestre, arrimant sa planète vagabonde à la Terre qu'elle compte exploiter,  courbant tous les êtres humains sous une loi d'airain.
D'autre part, la rencontre du savant fou et de l'insecte est explosive. Norbert Sevestre s'y attelle dans "la Révolte des monstres" où mygale géante, criquets démesurés attentent gravement à la santé de nos héros. De "la Menace invisible" (création d'une race de fourmis géantes) jusqu'à  "Ceux de demain" (Abeilles et fourmis géantes s'affrontant devant une humanité minuscule), le thème fait florès, jusqu'à cette "nuit des insectes", où diptères, hyménoptères et consorts, s'appuyant sur des intermédiaires transformés pour la circonstance, signent la fin d'une humanité telle qu'elle nous est connue.
Le thème est si séduisant  et permet de si beaux  effets visuels  à peu de frais,  que le cinéma s'en est emparé, dès l'origine, déclinant inlassablement le danger que provoquerait tel ou tel type d'insectes, à savoir, et en vrac, la mouche (série de Carpenter), les moustiques (Mosquito), les cafards (Bugs), les fourmis (Them!, Phase IV), les sauterelles (Beginning of the end), les abeilles (l'inévitable catastrophe) et j'en passe des dizaines d'autres.
Les insectes forment donc une valeur sûre de la thématique cataclysmique. Faciles à mettre en scène, ils permettent à l'auteur d'exprimer à coup sûr l'angoisse de chacun grâce aux schémas d'une écriture balisée et efficace.


 
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