Infernale menace - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

Infernale menace

les oeuvres > INVASIONS D'INSECTES

Infernale menace par Vargo Satten, Fleuve Noir éd., 1953, coll. « Anticipation » N°23, 1 vol. broché, in-12 ème, 18pp. couverture illustrée par Brantonne, roman d’expression anglaise (GB)
1ère  parution : 1953   titre original : The red insects
invasions d’insectes


Vargo STATTEN

(1908-1940) Pseudonyme de  John Russel FEARN. Ecrivain anglais dans le champ de la littérature populaire. Prolifique, il se partagea entre romans policiers, western, et science-fiction. Il écrivit quantité de romans et nouvelles pour les pulps anglais et américains, sous de nombreux pseudonymes. Son style fut qualifié de "fluide" mais non suffisamment "travaillé"

Nick Hensley et son épouse Enna, en compagnie de son père, ont hérité de l’immense manoir de l’oncle Cyrus Odder. A peine sont-ils installés, que le Docteur Lexton, un voisin, se déclare prêt à leur racheter la propriété dans laquelle, selon ses dires, se passeraient des faits inquiétants. Nick résiste et Lexton n’insiste pas. Dans la nuit pourtant, le père d’Enna est assassiné.
En fouillant la maison pièce après pièce, Nick découvre la momie d’une étrange fourmi géante, haute de plus de deux mètres. Len, leur ami entomologiste qui les a rejoints, confirme cette découverte. En route pour faire examiner l’immense insecte par des sommités londoniennes, Len surprend dans la nuit le Dr. Lexton qui enterre un cadavre. La police prévenue découvre qu’il s’agit du Dr. Roy, un ancien associé de Lexton. L’assassin reste introuvable.
Entre temps, Nick et Enna se sont sortis à grand’peine d’un énorme danger. Dans un tunnel qui relie leur propriété à celle de Lexton, vit une fourmi géante, du même acabit que la précédente, un cerbère haineux et dangereux. Avec Enna, contournant le danger, Nick découvre au bout du tunnel un laboratoire où se terre le Dr. Lexton et son horrible vérité.
Moitié fourmi lui-même,  dont il a adopté le mode d’alimentation, le Dr. Lexton ne fait qu’un avec l’oncle Cyrus dont il possède le cerveau par transplantation. Créateur des fourmis géantes, il est prisonnier de ces insectes monstrueux, télépathes de surcroît. Nul n’est plus que lui à même de constater le péril terrible que constituerait pour l’humanité le développement de cette race. Il bat sa coulpe et enjoint au couple de prévenir les autorités. Déjà, il est trop tard. La fourmi géante du tunnel, parvenue à se libérer, tue Lexton.
Le couple, fuyant l’épouvantable spectacle, préviennent les autorités, avant de regagner Londres. La chasse à la fourmi géante est donc ouverte et le monstre découvert, puis abattu.
Après une courte accalmie, soudain, la campagne autour de Londres, puis la capitale elle-même, est en butte à une horrible invasion de guêpes géantes tueuses de trois mètres d’envergure, qui organisent le massacre systématique des humains :
« Les terrifiants colosses aériens aux aiguillons barbelés foncèrent sur la ville, et, sauvagement, poignardèrent tous les humains qu’ils purent repérer dans les rues. Ils volaient en masses compactes au-dessus des immeubles, entre les maisons et le long des avenues, avec une virtuosité, une vitesse et une précision interdites aux avions de chasse les plus maniables. Des travailleurs matinaux tentèrent de fuir vers les abris : ceux qui manquèrent de promptitude furent transpercés sur-le-champ et réduits à l’état de cadavres. Londres et sa banlieue devinrent en quelques secondes le théâtre du plus extraordinaire massacre de l’histoire. »
Conjointement, un curieux tremblement de terre dont l’épicentre se situait sous la capitale même, provoqua la chute des immeubles :
« Un sourd grondement s’éleva et Len sentit les pavés monter vers lui. Précipité sur le sol, il se redressa sur les genoux et jeta autour de lui un regard de stupeur horrifiée. Londres était en train de s’effondrer !… Les plus hauts buildings, enrobés dans leur gangue d’insectes, perdaient leur équilibre et culbutaient, s’écroulant en énormes fragments de maçonnerie, ensevelissant bêtes et hommes sans discrimination. Les avenues se fendaient, engloutissant dans d’insondables profondeurs des grappes de combattants. Du fond des crevasses montaient d’épaisses fumées âcres et nauséabondes, libérées par des incendies souterrains. »
D’après Len, qui, de loin en loin, aperçoit d’énormes fourmilières, il ne fait aucun doute que les fourmis géantes ont fait souche et essaimé, ayant percé l’écorce terrestre comme un vulgaire gruyère, et communiquant entre elles par des galeries et salles souterraines :
« Les fourmis géantes ont taraudé la planète aussi profondément qu’elles l’ont pu et elles ont transformé toute la Terre en une seule et immense fourmilière. (…) ce qui signifie que les insectes jouissent d’une complète liberté de mouvement d’un côté de la terre à l’autre, par l’intérieur de l’écorce. »
L’invasion programmée par les fourmis débuta ainsi, d’une violence extrême. A l’aide de leurs alliées les guêpes, elles mettent à mort sans délai tout humain rencontré ou, dans le meilleur des cas, l’entraînent dans leurs tanières comme réserve de nourriture. Len, Nick et Enna sont pris eux aussi dans la tourmente et arrêtés par les insectes. Comme ils étaient les premiers à connaître « l’ancêtre », ils eurent droit à un sort particulier en rencontrant, au centre de l’immense fourmilière souterraine, la reine des fourmis géantes :
« Bientôt émergea de cette radieuse incandescence une autre fourmi, plus gigantesque encore mais d’une forme identique. Elle s’immobilisa devant les trois humains en dardant vers eux des yeux fascinants. Une de ses pattes était posée sur un appareil mobile. La nouvelle venue manoeuvra un bouton. A l’instant même un flux psychique transperça le cerveau des trois prisonniers avec une telle violence qu’ils chancelèrent comme si on les avait bousculés. »
Par télépathie, elle leur expliqua qu’elle et ses consoeurs n’appartiennent pas à cette terre mais proviennent du futur, de l’an 6980, très exactement. Télépathes, intelligentes, sans émotions, elles sont les descendantes du premier couple crée par Cyrus et se sont tellement bien développées qu’elles constituent la race dominante du futur, ayant relégué l’humanité au second plan. Dominant l’espèce humaine, se déplaçant dans des « tempoplanes», elles ont investis la terre de maintenant pour accélérer le processus de domination. Aujourd’hui même, elles comptent éliminer totalement les  humains.
Après cette entrevue, prêts à être transformés en pièces de boucherie, ils devront la vie sauve à Arona, une jeune humaine résistante, elle aussi venue du futur, décidée à remonter à la source du péril pour redonner la primauté à son espèce. Elle espère retourner en son temps, et, par une fausse nouvelle, obliger toutes les fourmis restantes à gagner le passé pour soutenir leurs consoeurs. Len, qui est tombé amoureux d’Arona, la suivra dans ses pérégrinations temporelles. A leur retour en Tempoplane, ils constatent que partout, dans le monde, s’affaissent les habitats souterrains des fourmis, les précipitant dans le magma sous-jacent. Len s’explique ce revirement de la façon suivante :
« Je crois que la clé de l’énigme réside dans le fait qu’à l’endroit où nous avons émergé en 6980, la surface est située plus bas que le point correspondant de notre époque ; de sorte que lorsque j’ai coupé les moteurs, notre Tempoplane s’est retrouvé à l’intérieur de l’écorce terrestre, à l’emplacement même d’une de ces formidables machines dégravitationnelles qui supportent les terrains de couverture. Nous avons involontairement fait sauter les installations qui garantissaient la sécurité intérieure de ces cavernes. »
En ressortant à l’air libre, près de Londres, ils ont la joie de voir des terriens motivés quoique éprouvés, en compagnie d’alliés inattendus : des tamanoirs géants, modifiés eux aussi avec le procédé du Dr. Cyrus, qui se délectent des fourmis tueuses restantes !La partie se termine en « happy end » pour Nick et Enna qui pourront enfin consommer leur lune de miel, et pour Len qui accompagnera définitivement Arona en son temps.
Spécialiste de la science-fiction cataclysmique des années cinquante, Vargo Statten signe un roman de plus dans la veine des pulps, avec ses thèmes archétypiques. Le récit, débutant dans une tonalité de fantastique gothique qui se transforme en  science-fiction débridée, reste sans prétentions et agréable à lire pour des adolescents d’après-guerre.


couverture du roman "Infernale menace"
un Brantonne de la bonne cuvée
 
Retourner au contenu | Retourner au menu