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Haut! les ailes

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 2

Haut! les Ailes par Marc Gouvieux, Pierre Lafitte éd., 1914, 1 vol. cartonné, in-12 ème , 314pp. couverture illustrée. roman d’expression française.
1 ère  parution : 1914
guerres futures 2

Marc GOUVIEUX

(aucune référence) Certainement un officier d'aviation français et pilote.  Le site noosphère le présente comme pseudonyme de Marc Edmond de LAFARGUE.

Les carnets de vol du lieutenant Saint-Bris et de son mécanicien l’Alsacien Kaufmann forment la trame de l’ouvrage ; notes prises au jour le jour par un pilote, chef d’escadrille, durant la première Guerre Mondiale, et qui relatent sa lutte contre les éléments, les impondérables techniques,  ou les Allemands envahissant la France. Sa mission consiste à récupérer des informations pour en informer les lignes arrière ou à bombarder des zones stratégiques, pour retarder la poussée des Prussiens.
D’une audace folle, à l’instar de ses autres amis pilotes, le regard fixé sur la ligne bleue des Vosges, animé d’un patriotisme ardent, Saint-Bris construit à lui seul l’épopée moderne.Parti du territoire de Belfort, il survole l’Alsace occupée et ses villages chatoyants, il suit de là-haut les manœuvres des zeppelins teutons qui souillent notre beau ciel d’azur en y semant la mort et la destruction. Ses vols l’amènent, en un premier temps, avec ses mitrailleuses, à faire le coup de feu contre trois zeppelins. L’un sera immédiatement abattu et s’écrasera dans la plaine d’Alsace. Les deux autres prendront la fuite. Lors de sa poursuite, l’avion de Saint-Bris sera criblé de balles, lui imposant un atterrissage forcé dans une des clairières de la forêt de Boerenwald. Ce qui lui vaudra l’aide des autochtones, notamment celle de la belle Colette de Tichemont avec ses yeux bleus :
« Soudain la porte du fond de la salle de billard s’ouvre, et dans l’encadrement une silhouette fine et élégante de jeune fille apparaît. Est-elle jolie ? je ne sais. Mais l’ensemble est séduisant, fait de grâce, de jeunesse, et de ligne aristocratique.
-Colette, dit M. de Tichémont, qui regarde comme moi s’avancer la jeune fille, je te présente le lieutenant  Saint-Bris, officier aviateur, arrivé tout droit de France en descendant du ciel !
-Monsieur, répond une voix charmante, à ce double titre soyez le bienvenu.
Et la poignée de main est à la fois douce et énergique, tandis que les yeux bleus sont résolus et vaillants comme le sont les yeux d’Alsacienne…. »
Ceci lui permettra d’aller au bout de sa mission, soit de faire exploser un  pont, privant les envahisseurs  d’une grande voie d’accès en territoire français. L’avion réparé, Saint-Bris reprendra l’air difficilement, se délestant de tout poids superflu :
«L’avion semble monter péniblement. Les sapins se précisent. Ils émergent du brouillard. J’ai l’impression rapide que je ne passerai pas, que nous allons nous écraser dessus…. Brutalement, je pousse à droite et à fond la direction et le gauchissement. L’avion projeté sur l’aile fait presque un demi-tour sur lui-même. Mais devant moi, dans la nouvelle direction, j’ai vu une trouée entre deux sapinières moins hautes. Je pique dessus en cabrant désespérément. Nous passons juste. J’aperçois, en me penchant, le train d’atterrissage qui frôle la cime des sapins tandis que les roues continuant leur mouvement du départ, tournent dans le vide ! »
Une deuxième mission l’incitera à poursuivre des zeppelins jusqu’en pays ennemi. Avec une folle témérité, il s’engage au-dessus de la gare aérienne de  Friederishafen sur laquelle il laisse tomber des bombes incendiaires :
« Du côté des ateliers pour lesquels j’ai gardé ma dernière série d’explosifs, j’ai eu une agréable surprise. Le résultat a dépassé mes prévisions. Mes premiers projectiles sont tombés sur des toitures vitrées, faisant plus de bruit que de mal, semant plus d’épouvante que de mort, autour d’eux. Mais à ma profonde stupéfaction, j’ai vu tout à coup une fumée noire, épaisse, surgir des bâtiments bombardés. Puis de longues flammes ont apparu. Sans m’en douter, j’ai dû atteindre un des magasins de réserve d’essence et de matières inflammables. »
Il s’ensuit un énorme incendie qui anéantit un grand nombre de zeppelins. Immédiatement pris en filature  par la chasse allemande, et quoique blessé, il s’en sortira vivant. Ramassé inconscient dans son biplan en morceaux, il sera soigné au lazaret de Mulhouse et chouchouté par de gentilles infirmières, avant de rejoindre son escadrille et son chef, le capitaine Beauchery qui déborde de joie à cette occasion. Son héroïsme et ses coups d’éclats lui valurent une grande renommée et une montée en grade. Le nouveau capitaine répondra à une autre mission de la plus haute importance au moment même où les divisions allemandes furent en passe d’être repoussées du territoire sous la formidable pesée des armées françaises qui reconquièrent l’Alsace et la Moselle. Du haut du ciel, son cœur bat à l’unisson avec celui des «pious-pious » :
« A ce signal, une clameur formidable, plus formidable encore que la voix des canons, s’élève, clameur sortie de milliers de poitrines hurlantes, redisant à l’envi le mot de «Chargez ! » De tous côtés, ce ne sont que des lignes noires qui se dressent, qui, brusquement, surgissent du sol. Il en sort de partout… des bois de Bezange, de la forêt de Champenoux, des maisons de Moncel, baïonnette au canon, dévalant en une ruée irrésistible vers les bataillons allemands, vers la Seille, tandis que par-dessus la clameur des voix, par-dessus le refrain endiablé de la charge sonné par tous les clairons, monte par bouffées le chant de la Marseillaise, répété par toutes les musiques militaires de la 11 ème  division. »
Quittant là ses amis, il se met en quête de l’endroit exact où serait installée la base du haut-Commandement allemand, dans laquelle se terrent et les généraux abhorrés, et le Kaiser lui-même. Une mission à haut risque puisqu’il s’agit de survoler à très basse altitude le territoire ennemi. Echappant souvent aux balles  avec son fidèle Kaufmann, qui colmate en plein vol les brèches faites au réservoir d’essence, il mitraille de-ci, de là des véhicules militaires engagés sur la route et s’astreint même à vérifier, en atterrissant, si ses balles ont touché leur objectif. Lors d’une de ces opérations, il constate, à sa grande surprise, qu’il vient de mitrailler et de blesser à mort le Kaiser lui-même :
« Je cours vers la route où règne le silence. La première auto brûle encore, amas de ferrailles rougies et tordues… Et plus loin la deuxième auto est couchée, éventrée. C’est bien une des Mercédes impériales. Un des conducteurs à casquette ornée des aigles d’argent gît sur la route, l’autre est affalé sur son volant, mort… La mitraille destructrice a fait son œuvre. …Au pied d’un arbre un officier général que je n’avais pas encore vu, est étendu. La tête est très pâle, coiffé du casque à aigles et pointes d‘or. Sur la tunique bleue un filet de sang coule sur les décorations et l’écharpe. En entendant marcher sur la route sa tête s’est soulevée… un vertige passe en moi… Je le reconnais. C’est le Kaiser. »
La poussée générale se poursuit, irrésistible, par Donaueschingen vers Mannheim, puis  jusqu’au Danube. Et l’empire militaire allemand s’écroule. C’est le jour de l’armistice, le 21 septembre, que l’on retrouvera le corps de Saint-Bris et de son mécanicien, dans leur avion reposant dans un champ avec, autour d’eux, les carnets de vol du pilote qui, plus tard,  fourniront la matière du présent ouvrage. Icare avait donné sa vie pour l’honneur de la France :
« Or ce même 21 septembre, le jour même où la Victoire poussait de ses ailes l’armée française, la mort frappait brutalement le plus vaillants de nos pilotes militaires, le capitaine Saint-Bris, et son mécanicien Kaufmann. (…) Le capitaine Saint-Bris avait l’air de dormir, assis sur son siège, le volant entre les mains, frappé comme il l’avait rêvé, en pleine lutte, en plein ciel, là-haut, à son poste de combat.»
«Haut les ailes» est un authentique témoignage des conditions de vie à bord des premiers avions de combat. Le texte clair, sans fioritures stylistiques est d’une lecture aisée. Les sentiments prêtés au héros sont évidemment d’une seule pièce : l’amour de la patrie et la haine de l’ennemi qui nous a volé l’Alsace et la Lorraine, « nos deux sœurs. ». Peu d’éléments dans le corps du récit signalent que nous sommes en présence d’un texte conjectural tant l’effet de vraisemblance s’impose. Quoique nous soyons en 1914, les carnets de vol ne sont pas datés. Le texte s’ouvre sur l’incipit suivant : « Carnets de route d’un Officier aviateur pendant la guerre de 19… » Et comme le héros tue le Kaiser durant un raid aérien, qu’il empêche nombre de zeppelins de bombarder Paris, qu’il détruit la plus grande usine de construction allemande, tous ces faits, étrangers à la vérité historique, nous obligent à classer l’ouvrage dans la thématique des « guerres futures » ou, plus précisément, des « guerres rêvées ».



couverture du roman "Haut! les ailes"
Encore un roman patriotique et vengeur contre les Allemands
 
 
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