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GUERRE DES SEXES, MATRIARCAT

Le culte de la Déesse-Mère qui remontait à la nuit des temps a fait place au patriarcat dès l'avènement des premières grandes cités du moyen-orient. Dès lors, l'homme, dans le cadre d'une législation suscitée par les mâles, exerce un pouvoir sans partage. Ce n'est que depuis fort peu de temps, et en Occident surtout, que la femme se rebiffe et réclame des droits supplémentaires. Les suffragettes, les féministes entrent en lutte pour affirmer leurs places légitimes. Ceci, lié à la gynophobie inhérente au mâle, à son incompréhension radicale de la mentalité féminine, au pouvoir sexuel qui émane d'elles (qu'ils refusent mais dont ils ne peuvent se passer) , caractérisent une série d'ouvrages dans le champ cataclysmique. La guerre des sexes aboutit le plus souvent à une catastrophe sociale. La disparition des hommes (ou des femmes) crée des sociétés bancales et perdues.
Pourtant, le premier mouvement de l'homme, pour résoudre le problème posé par la cohabitation des sexes, serait d'éliminer purement et simplement la femme. C'est le sujet de ce roman curieux "Et l'homme tua la femme" de Pierre Roudy,  dans lequel une société secrète composée exclusivement de mâles, en connexion avec un ensemble d'hommes de tous  les pays occidentaux, convainc le héros, un brave époux, d'abandonner sa femme, puis de la mettre à mort, puisque cette dernière est d'une complexion définitivement inférieure à lui,  en vue de rejoindre la patrie de plus en plus importante des hommes "libérés".
L'inverse existe aussi. L'homme , avec sa mentalité de bête en rut, son agressivité, sa testostérone, n'a plus sa place sur cette terre. Les seules sociétés tolérables, composées exclusivement de femmes, seront celles des amazones, ce vieux mythe utopique grec. Jerry Sohl dans "la Révolte des femmes" se livre à l'exercice, mettant en scène une conjuration de femelles "haploïdes" (aux chromosomes XX et uniquement aptes à engendrer des filles). Elles se donnent pour mission d'éradiquer les mâles de la planète, et elles échoueront , bien sûr. Plus technologique, plus convaincant est le "Projet Conscience". Des scientifiques féminines , tout en gardant leur secret,auront trouvé le moyen de débarrasser l'homme de son agressivité. Le remède, répandu sous forme d'aérosol, sera pire que le mal: la vie sociale se poursuivra pour tous en broderie de napperons et arrangements de fleurs... Parfois, la disparition de l'homme pourra aussi être accidentelle. Suite à une catastrophe, exit le mâle. C'est le cas dans "le Printemps des monstres" où les femmes , fonctionnant sur le mode de la fourmilière, soignent leurs derniers étalons.
D'ailleurs comment pourrait-on ne pas s'opposer entre homme et femme? D'après lui, cette femme, à la personnalité si étrange et étrangère, ne peut être que d'origine extraterrestre. Arrivées de Vénus, probablement, munie d'un plan d'invasion de la terre et de soumission du mâle. Elle cache donc une réalité de lézard glauque , à la mentalité visqueuse et hypocrite, sous une apparence des plus affriolantes. C'est l'hypothèse de "Terre des femmes", le roman de Gabriel Jan, véritable tableau des phobies de l'auteur.
Un roman plus sérieux et exceptionnel dans le genre, est "le Triomphe des suffragettes "de Jacques Constant. Là, la critique est recevable. Les femmes se sont emparées des leviers du pouvoir et règnent sans partage, réduisant les hommes à des figurants ou des "mignons".  Mais loin de changer la société et d'en créer une meilleure, elles dupliquent les valeurs masculines, reproduisant les vieux schémas qu'elles ont attaqués en leur temps. Elles entrent en guerre avec les Jaunes, trafiquent l'économie, tentent de s'enrichir exagérément, au lieu de créer un frein salutaires aux passions  et de tempérer leur propre agressivité.
Enfin, reste une dernière question qui seule compte: les femmes s'étant enfin débarrassées des hommes, seront-elles plus heureuses?  Même pas, répond la romancière Elisabeth Vonarburg dans son long roman "Chroniques du pays des Mères", un chef-d'oeuvre du genre. En cette société exclusivement féminine, des femmes errent, douloureusement hantées par l'image d'un mâle disparue dans la nuit des temps.
Le roman cataclysmique se contente, en ce thème précis,  de formaliser des obsessions et de mettre en récit des fantasmes sans jamais apporter de réponses. Comment pourrait-il en être autrement?


 
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