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Gros Temps

les oeuvres > MENACES CLIMATIQUES

Gros Temps par Bruce Sterling, Denoël éd., 1997, coll. "Présence du futur", 1 vol. broché , in-12ème, 392pp.couverture illustrée par Marc Mosnier.  roman d’expression anglaise (USA)
1ère parution: 1994 titre original: Heavy Weather  
thème: menaces climatiques : tempêtes et tornades
menaces climatiques


Bruce STERLING

(1954-) Ecrivain et nouvelliste américain de science-fiction. L'un des initiateurs du mouvement cyberpunk. Beaucoup d'intérêt pour les medias et le design.

2030. L’Ouest des Etats-Unis s’est totalement asséché. Un déséquilibre climatique permanent, alimenté par l’effet de serre, provoque tornade sur tornade, notamment au Texas. Bien que la sécheresse semble s’être installée sur la totalité de la planète, sept milliards d’individus continuent de vivre tant bien que mal dans une biosphère hostile. L’évolution technologique a crée une société planétaire curieuse,  à la fois "branchée" informatique et démunie du strict nécessaire
C’est dans ce milieu qu’évolue Alex, adolescent rachitique, atteint d’une maladie génétique de type mucoviscidose. Il lui reste peu de temps à vivre. Il lui faut pour continuer à respirer se "vider" périodiquement les poumons à l’aide d’un fluide physiologique spécial, une opération très douloureuse.
Cependant fils de bonne famille - son père est richissime -,  il connaît la zone et sait se débrouiller à l’occasion. C’est dans une clinique mexicaine que sa soeur Jany l’enlève à l’appareillage médical supposé l’aider, et l’emmène vivre dans un groupe de marginaux, les "Frontistes",  bande d’allumés, informaticiens et mathématiciens, va-nu-pieds,  dont le seul plaisir est de traquer les tornades, les plus grosses et les plus dangereuses, en recueillant toutes les informations sur celles-ci.
Leur chef, Jerry Mulhegan, l’amant de Jany, se présente comme un mathématicien hors-pair et un leader charismatique. Tous les autres le suivent dans sa démarche car lui seul sait quand se déclenchera une "F-6", c’est-à-dire, la reine des tornades, du jamais vu, avec un vortex libérant des vents de plus de 500 km à l’heure.En attendant que se présente une telle opportunité, Alex s’accoutume à la vie du camp, aux costumes en papier, résistants et jetables, au guidage des « ornithoptères » en vision directe grâce au casque-visu qui interprète en temps réel les données de la caméra, fixée sur l’appareil, lorsque celui-ci plonge dans l’oeil de la tornade.
Ainsi se passe la vie faite de crasse, de poussière, de manque d’eau, de repas pris sur le pouce et de beaucoup de naïveté. Même avec les autres, Alex reste encore marginal, se sentant condamné par sa maladie. Sa rencontre avec Léo, le frère de Jerry, lui vaut une inimitié haineuse de la part de ce dernier. Se sentant décliner, sa seule ambition est de tenir jusqu’à sa rencontre avec la F-6.,Celle-ci ne tardera pas à se concentrer au-dessus de l’Oklahoma : Jerry pressent une tempête d’une violence inouïe. Tout le monde se prépare à accueillir l’événement, conscient du danger mortel qu’il représente.  Soudain, une masse d’air froid gigantesque entre en contact avec le sol en libérant une énergie d’une violence prodigieuse. La totalité de la ville d’Oklahoma-City est aspirée dans les airs :
" Ils traversaient une bourgade. Celle-ci apparaissait périodiquement alentour, illuminée par les monstrueux éclairs stroboscopiques de la foudre. Le fracas étant général et continu, il régnait sous son casque un silence complet. Le patelin ressemblait à une ville fantôme silencieuse, soumise à un barrage d’artillerie inaudible. Et qu’on serait en train de raser systématiquement : murs abattus, toitures soufflées.
Mais le vent n’était pas seul à l’oeuvre. Le vent avait convié ses amis. Des objets - autant de projectiles, de shrapnels - défonçaient au hasard, renversant tout ce qui était dressé, tout ce qui résistait, volant, percutant, écrasant, pulvérisant. Des objets volants et destructeurs. D’antiques poteaux téléphoniques d’avant les transmissions radio - sectionnées nets au ras du sol, et venant défoncer les murs des immeubles. Avec une aisance étrange, comme on transpercerait de grosses masses de tofu avec une baguette."
A bord de Charlie, un véhicule blindé, hautement sophistiqué et semi-intelligent, Jany et Alex suivent la tornade en fournissant toutes les informations possibles au reste du groupe. Lorsque Charlie se renverse, Jany se réfugie dans une sorte de bunker, puis est sauvée par Léo et son groupe de dealers. Alex, lui, trouve miraculeusement refuge dans les branches d’un arbre gigantesque. La tornade passe, laissant sur son passage mort et destruction.Les bandes vidéos et les données informatiques exploitées ultérieurement rendent Jerry et Jany immensément riches. Ce qui leur permet de concevoir une nouvelle vie bourgeoise et feutrée. Alex, grâce à l’argent de son papa, se fera remodeler entièrement le génome pour se débarrasser de sa maladie, faisant de lui un être totalement nouveau. Et la vie continue, dans laquelle tout ce petit monde s’accoutume parfaitement de la pollution.
Un récit pessimiste quant à la nature humaine et à ses motivations qui vaut surtout par l’introduction de l’élément "cyberpunk" au milieu de la thématique catastrophiste, déjà bien utilisée par des prédécesseurs («le Vent de nulle part» de Ballard ", "le Nuage noir" de Hoyle). Cependant, les descriptions hyperréalistes de l’activité des tornades ainsi que le style de l’auteur, volontairement " branché " font de ce roman un texte «dans le vent».


couverture du roman "Gros temps"
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