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FINS DU MONDE, FINS DE L'HUMANITE


Fins du monde, fins du monde, c'est vite dit! Nous avons été témoins en 2012 de ce qu'elle ne se réalise pas facilement et qu'elle a déjà été renvoyée de nombreuses fois aux calendes grecques malgré des prophéties de tout acabit. Notre genre abonde en descriptions cataclysmiques mettant en oeuvre des forces gigantesques pour broyer, faire exploser, désintégrer notre pauvre planète. Collisions avec un astre errant, entrée dans un nuage de poussière cosmique, menaces d'ondes électromagnétiques, rayonnement solaire létal, saut hors de son orbite, les forces mises en jeu sont tellement considérables et improbables qu'elles ne sont prêtes de se réaliser. Il nous reste donc encore un peu de temps pour savourer la vie.
De toutes façons, la fin de l'espèce humaine, de beaucoup plus probable, ne coïncide pas forcément avec celle de notre globe.  Nous ne sommes que les passagers éphémères et fragiles sur le pont d'un grand navire à la marche imperturbable. Les premières atteintes à la souveraineté de la race humaine proviennent , comme il se doit, de l'homme lui-même et non du cosmos (à moins qu'il n'en modifie la stabilité) Ainsi les thèmes de l'air empoisonné, des menaces climatiques, de la pollution ou des menaces telluriques recoupent largement le nôtre.
Les auteurs débordent d'imagination en ce domaine. Et cela a commencé très tôt dans le genre avec la nouvelle d'E. A. Poe par exemple, Conversation d'Eiros avec Charmion, où il est débattu de l'insignifiance pour le cosmos que constituerait la rencontre de la terre avec un astre vagabond, jusqu'à Poussière de lune, roman de Stephen Baxter, montrant notre planète devenir visqueuse sous l'influence d'un catalyseur lunaire. Cette destruction généralisée de notre substrat nous offre rarement une possibilité de repli. Alors, il faut partir, quitter la terre condamnée (si l'on en a les moyens technologiques). La lune terraformée offrirait un abri convenable, ou Mars, ou Vénus  et même le système d'Alpha du Centaure où nos vaillants survivants arriveraient après que de nombreuses générations se soient perpétuées dans l'espace (théorie des arches stellaires)
Mais la pollution, la radioactivité, les guerres, les épidémies, bref les erreurs de la science et de l'armée suffisent dans bien des cas à éradiquer l'espèce humaine de la surface du globe. La pollution chimique par exemple, qui dérègle à cours terme le schéma de l'ADN humain, responsable d'une extinction par production de monstres mutants, à trois yeux ou à quatre mains. Les pandémies aussi,  qui, à la vitesse de propagation inégalée,  font le vide devant elles. Les virus inconnus sont difficiles à combattre (la Mort noire).  Enfin, comme l'homme se sent coupable d'apparaître comme le fossoyeur de l'espèce, il accuse la nature elle-même de lui en vouloir (l'hypothèse Gaïa). "Présages" ou "Colère" en sont de beaux exemples.
Maintenant, ça y est, l'humanité a disparu, bon débarras. Qui veillera donc sur l'héritage? Les animaux bien sûr, comme  dans "Demain les chiens" ou "les Gardiens de la maison". Et peut-être les robots qui perpétueront l'activité humaine en une stérile et mystérieuse agitation (Crépuscule) ou parfois, tellement loin de l'homme qui les a crées qu'ils apparaissent comme des créatures improbables aux buts impensables. Enfin reviennent ceux que l'on n'attendaient plus, les survivants humains du cataclysme depuis longtemps installé ailleurs. Ils s'offrent une petite visite au berceau de leur race, vers leur origine. Devenus tellement différents de leurs ancêtres, ils ne s'assimilent plus à eux comme dans Alien Earth ou Merodak. Alors ils se contentent de faire de la défunte terre un théâtre de curiosité (voir l'anthologie "Histoires de la fin des temps")
Il existe enfin une manière radicale d'éviter,  et l'extinction de l'espèce,  et la destruction de la terre: c'est de la sortir de son orbite, de l'éloigner d'un soleil devenu  dangereux et de trouver pour elle un nouveau foyer sous des cieux nouveaux. Variation du thème des arches stellaires, la Terre en fuite de Francis Carsac, le Triomphe de l'homme de François Léonard prennent cette idée comme base de leur récit.
Les fins de l'espèce humaine dépendent d'une grande variété de causes dont les plus probables sont les plus simples, selon la théorie du rasoir d'Ockham. Il y a fort à parier que la pollution, la menace nucléaire, les guerres, pèsent plus lourdement sur notre destin, que la chute d'un astéroïde. Ce qui nous laisse malgré tout quelqu'espoir de survie, à condition que notre détermination à modifier nos comportements  prenne le pas sur notre agressivité naturelle.


 
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