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En l'an 2125

les oeuvres > ARCHEOLOGIE DU FUTUR

En l’an 2125 par Raoul Le Jeune, Bibliothèque de la Mode Nationale éd., 1928, coll. " Fama ", un fascicule, in-12 ème, 126pp. couverture illustrée. roman d’expression française. notice bibliographique in " le Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°23, juil. à sept 1999. (Jean-Luc Boutel)
1 ère parution : 1928

archéologie du futur
- péril jaune et guerre des races

Raoul LE JEUNE

Ecrivain populaire français, auteur essentiellement de romans sentimentaux et d'aventures de 1924 à 1946. Serait né en 1880 (date incertaine) et aurait adhéré à la Société des Gens de Lettres. Journaliste, collabora également à "l'Eclair" et à la "Dépêche de la Nièvre". Usa probablement de pseudonymes. Autres noms avancés: André Malines, Raoul Lematte. ( références trouvées sur le forum "A propos de littértature populaire")

Le Vespérin Théo Gerem revient à Retokos, la grande cité de Vesper, située dans une île au milieu de l’Atlantique, car le monde a radicalement changé en ces temps-là. A la suite d’une guerre mondiale déclenchée par les peuplades jaunes, l’ensemble de l’humanité a disparu. Mieux, la géographie elle-même s’est modifiée, une grande île surgissant de l’Atlantique médian. Si une flottille d ‘exploration d’origine vénusienne (les Vespérins) n’était arrivée peu après, la Terre fût demeurée vide. Mais les Vespérins, n’ayant pu repartir, ont fait souche et prospérés, développant une société proche de celle de l’Antiquité avec son Académie des Savants, sa Démocratie et son … ignorance ! Jamais il ne serait venu à l’idée d’Oretus, le chef de la cité de Retokos, qu’au-delà de la mer, subsisteraient des vestiges de l’ancienne humanité.
C’est le jeune explorateur Théo Gerem qui vint annoncer à ses compagnons savants, Mondus et Géométrix, Galla et Lunax –dont les noms transparents désignent la fonction -, qu’un continent lointain montraient, de par ses ruines, la réalité d’une ancienne guerre dévastatrice. Faits corroborés par les extraits du journal antique, rapporté par Gerem et traduits par Ralcit, le linguiste :« Ralcit, de sa voix monotone, lut : Par fil spécial. – Varsovie, le 10 juin.
La horde jaune, telle une marée effrayante, avance, submergeant tout, ne laissant derrière elle aucune trace de vie. Seuls, les monuments sont épargnés. La Russie n’est plus qu’un désert blanc, peuplé de cadavres, sur lesquels s’abattent des milliers de vautours. La race asiatique, si malheureusement la race blanche ne peut, dans une suprême bataille, arrêter ces terribles barbares, aura d’ici peu anéanti tous les Européens. L’armée formidable, fidèle à sa tactique, se fait précéder par des machines infernales qui vomissent des gaz mortels dont l’effet est terrifiant et la rapidité foudroyante. »
Exaltés, les avants académiciens désirent d’autres preuves et enjoignent à Théo Gerem de se préparer pour une nouvelle exploration. Celui-ci y consent et, des ruines de la cité antique de Best, rapporte nombre d’objets archéologiques, des reliques si vieilles qu’elles mettent les avants dans un grand état d’exaltation. La plupart d’entre eux, sauf Lunax le grincheux, désirent repartir sur le champ avec Gerem pour participer en personne aux fouilles.  Ils devront patienter quelque peu car Théo Gerem convolera d’abord en justes noces avec la douce Colomette Jaros, la fille du plus riche armateur de l’île. Un bon choix, mais exigeant, puisque Colomette, sitôt mariée, s’imposera à l’expédition.
Dans un vaisseau aérien, un « avioteromer »,  plus vaste et plus rapide que le précédent, s’opère la troisième traversée au-dessus de l’océan, partie pour redécouvrir les côtes de France. Remontant vers le nord, elle fait une relâche à Brest où des carcasses de navires éventrées les font tressaillir d’exaltation, puisque, bien qu’habitants une île, ils ne savent pas ce que sont des « bateaux » ! En communication permanente avec Retokos, ils reprennent leur chemin vers une nouvelle ville s’appelant jadis « Paris » et posent l’Hyménius –c’est le nom de leur engin- au milieu de l’Avenue du Bois de Boulogne. Aussitôt, les avants s’élancent, qui vers le Louvre, qui vers la Bibliothèque nationale, appréciant au passage les vestiges de divers monuments :
« Remis de mon émotion, je continuai ma promenade macabre. Après avoir déambulé dans de nombreuses rues, toutes très étroites, j’arrivai sur une place. Je m’arrêtai, saisi d’étonnement Devant moi, se dressait un monument d’une hauteur prodigieuse, offrant trois grandes portes. Je remarquai que presque toutes les pierres de l’édifice étaient sculptées. »
Colomette est restée comme garde à bord de l’Hyménius. Coupefile, le journaliste agrée du « Petit Retokosien » accumule les notes afin de faire parvenir ces nouvelles sensationnelles à ses lecteurs. Ralcit, absorbé par les monceaux de manuscrits et d’incunables de la Bibliothèque nationale ne voit pas le temps passer. Le temps file aussi vite pour Galla, subjugué par les trésors du Louvre. De retour vers le vaisseau, nos compagnons ont la désagréable surprise de trouver l’endroit désert : l’Hyménius a disparu ! Il se trouve que nos savants ne sont pas les seuls êtres vivants et intelligents sur le territoire français. Quelques siècles plus tôt, au moment de la terrible guerre d’extermination, les marins d’un navire, commandé par le capitaine Lucien Théaul, se dirigeant vers le nord, trouvèrent refuge au Groenland. S’unissant à des femmes lapones, ils firent souche. Leurs descendants, nostalgiques de la France, lors d’un voyage retour, s’installèrent à nouveau à Paris en ruines.
Ce sont eux, curieux, qui ont abordé Colomette et ce fut l’un d’eux, ignorant et sans intention de nuire qui, tripotant les commandes, s’envola à son grand dam et s’écrasa à une centaine de kilomètres de l’ancienne capitale. Quoique accueillis chaleureusement, les savants vespérins ne pouvaient plus regagner leur patrie. Heureusement Oretius, inquiet de leur silence, vint à leur rencontre avec un troisième Hyménius. S’étant d’abord égaré dans les brumes de Londres, il parvint à retrouver ses compatriotes. Soudain, un message alarmiste en provenance de Retokos parvint aux exilés : un bolide –signalé par Lunax- doit s’écraser sur Vesper. Restera-t-il des survivants lorsqu’ils reviendront ? Sans tarder, laissant les savants en France, Géo et Colomette, reprenant l’Hyménius, font route vers Vesper. Hélas ! Au-dessus de l’Atlantique, le moteur faillit. Un récif les accueillit. Seront-ils recueillis un jour ?:
« Soudain, le moteur actionnant les hélices, éclata, blessant Gerem et Colomettte. Privé de son mécanicien, l’Hyménius tomba sur un récif. Terre minuscule que les Vespérins n’avaient pas encore découverte. Les malheureux ne purent se tenir longtemps sur les flots. Quand l’aube naquit, la mer calme ondulait ses vagues. Seuls sur la carapace d’un des petits aviteromers, Colomette et son mari, évanouis, glissaient au gré des flots.  Que se passera-t-il en l’an 2125?»
Le récit s’arrête sur ce suspense, qui, à notre connaissance, n’a pu être résolu jusqu’à aujourd’hui.
« En l’an 2125 », bien que souffrant d’un manque de cohérence interne et accumulant quantité de situations qui, à elles seules,  auraient mérité d’être plus développées, représente cependant une tentative sympathique et originale d’introduire de l’anticipation dans une collection populaire entièrement dévolue aux sentiments, dont se délectent les midinettes.  Le texte, tranchant avec ceux  dont les lectrices avaient l’habitude, n’a pas dû recevoir le succès escompté.  Ceci expliquant cela. Les idées suggérés dans ce roman inachevé sont ceux de l’époque : menace jaune, péril des guerres, archéologie trompeuse… Un texte difficile à dénicher.



couverture du roman "En l'an 2125"
couverture du fascicule contenant ce roman atypique dans la collection "Fama"
 
 
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