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Divagations sur la fin des temps

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Divagations sur la fin des temps par Jérôme Dumoulin, Grasset éd.2010, 1 vol. broché., in-12ème, 175 pp. couverture muette. roman d’expression française.
1ère parution : 2010
menaces animalesmenaces cosmiques


Jérôme DUMOULIN

(1947-) Français.  Diplômé d'IEP. Maîtrise d'histoire. Journaliste et romancier. Rédacteur en chef de nombreux journaux  (l'Express, le Figaro, Elle, etc.) Aujourd'hui se consacre entièrement à la littérature. A déjà fait paraître deux romans chez Gallimard.

Curieux ouvrage que ces « divagations sur la fin des temps». Ni vraiment un roman, ni des nouvelles, ni un essai mais effectivement ce que désigne le titre : des « divagations ». L’auteur puise ses exemples dans quatre domaines qui recouvrent la totalité des environnements dans lesquels évolue l’être humain : le minéral, le cosmologique, l’animé et enfin le domaine humain.
Dans chacune de ces parties, de petites narrations, au titre latin, relate et explique des faits curieux ou dangereux qui se sont déjà produits sur terre. Enracinés dans la réalité, racontés en un style soutenu, le romancier extrapole à partir de ces faits, et, sans y toucher, fait comprendre ce qui arriverait si…le danger s’étendait au monde entier, ou si… le déséquilibre amorcé gagnait du terrain. A partir souvent de l’histoire d’un seul individu, ou reconstituant l’historique du fait, la narration débouche sur l’angoisse du lecteur qui se pose légitimement les questions : « mais que se passe-t-il donc dans le monde ? serions-nous vraiment menacés ?»
Les interrogations s’ouvrent sur les « orages gigantesques » qui envoient leur foudre en dépit des lois du hasard. Suivent les « vagues scélérates », formations d’eau d’une hauteur de plus de trente mètres, bien plus fréquentes qu’on ne l’aurait cru et imparables dans leurs effets :
« Il est cinq heures du matin. La nuit est encore très sombre. Soudain, le commandant distingue vaguement, venant droit sur lui, une masse immense, plus noire encore que le ciel. Il n’a pas encore donné l’alerte que le navire géant, avec ses quatre sphères qu’il porte comme de jeunes planètes à demi enchâssées dans la gangue de sa coque, plonge dans le trough, ce ravin à la pente abrupte qui précède la vague scélérate et que l’obscurité a caché aux marins jusqu’au dernier instant. Tandis que le navire, après deux minutes d’une folle descente, « reprend son souffle » au fond du creux, le mur d’eau de 35 mètres s’abat d’un coup sur la proue du Bételgeuse.
Les choses, ensuite, se compteraient en centièmes de seconde : éventration de la première sphère, mise à feu du gaz par les nuées d’étincelles crées par la rupture brutale des parties métalliques, explosion en chaîne des trois autres sphères, destruction totale du navire, combustion des corps, création d’une onde de choc et d’une onde de chaleur, vaporisation instantanée de millions de litres d’eau (…) phénomène de vitrification des plages, suivis d’une pluie de grêlons monstrueux. La lueur de l’explosion serait visible jusqu’à New York . »
La curieuse régression de l’émeu, oiseau coureur, laisse perplexe. Devant sa taille en augmentation, son poids multiplié, ses griffes plus longues, se pourrait-il que l’évolution puisse être régressive, proposant à nouveau des êtres gigantesque, tels que le furent les dinosaures ?
D’autres événements encore : les nuages fortement disséminés d’algues dinoflagellés, au poison mortel, qui s’abattent sur les villes côtières de l’Italie, empêchant la respiration normale et intoxiquant les citadins, les disséminations, par la faute de l’homme d’animaux supposés inoffensifs (ici les NAC = Nouveaux Animaux de Compagnie), envahissant pour raisons de snobisme quantité de foyers et dont on ignore s’ils seront offensifs à l’avenir, l’histoire de la « Ferax Umbellifera », dont la graine, rapportée d’Asie prolifère en Europe en produisant des plantes gigantesques au contact empoisonné, et dont il faudra se protéger à l’instar des « Triffides » de John Wyndham, ne sont que des étapes sur une route de plus en plus dangereuse. Suivront les multiplications des tremblements de terre et la menace que font planer sur la terre les NEA (Near Earth Asteroids), ces « assassins planétaires planqués dans des nœuds lagrangiens », qui ont déjà provoqué l’extinction des dinosaures du crétacé et –qui sait ?- préparent la nôtre.
Les curieux réveils volcaniques de la Lune, que l’on croyait parfaitement refroidie et morte, la diminution de l’intensité de la magnétosphère nous livre aux rayonnements nocifs du vent solaire et des novae.
Mais le plus troublant est à venir. Ce sont les atteintes à l’homme, plus exactement à ses sens. Que ce soit la « main agnosique » qui, tout à coup, ne perçoit plus dans le toucher la texture exacte des choses et donne de fausses informations au cerveau, ou la « dysgueusie », qui a frappé en premier Anne-marie Desplat-Molière, une goûteuse d’eau émérite, lui renvoyant des odeurs et des goûts imaginaires ou frelatés: une eau à odeur de framboise ou de paille, par exemple. Cette affection inimaginable, inexplicable, frappant de plus en plus d’êtres humains, va de pair avec les « mouches volantes » ou « corps flottants » de l’humeur vitrée de l’œil. Ceux-ci ne sont plus l’apanage exclusif des vieilles gens. De plus en plus de jeunes en sont affecté. La preuve en est, c’est que dans les pays à ciel bleu et à soleil violent, les lunettes sombres se multiplient, ainsi que les consultations chez les ophtalmologistes, pour corriger les défectuosités d’une vue grisaillée. Mais rien n’y fait : le phénomène s’étend.
En face de cet ensemble de « preuves » racontées avec une verve éblouissante, c’est le lecteur qui énonce sa propre conclusion : « notre époque dysfonctionne ! Et si vraiment c’étaient les signes que la fin des temps est proche pour l’espèce humaine ? »
Un petit ouvrage jouissif à mettre entre toutes les mains.



couverture du roman "Divagations sur la fin des temps"
Première édition de ce roman (?)
 
 
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