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Des Hommes, des hommes et encore des hommes

les oeuvres > FINS DU MONDE, FINS DE L'HUMANITE

Des hommes, des hommes … et encore des hommes par F.  Richard-Bessière, Fleuve Noir éd., 1968, coll. "Anticipation" N°365, 1 vol. broché, in-12 ème, 249 pp. couverture illustrée par Sainte-Croix. roman d’expression française
1 ère parution : 1968
invasions extraterrestres - fins du monde , fins de l'humanité


F. RICHARD-BESSIERE

(1923-2011) Richard-Bessière est un écrivain français bicéphale, composé de François RICHARD (Editeur du Fleuve Noir et correcteur des textes) et Henri BESSIERE, écrivain. (revendiquant ultérieurement la seule paternité des récits). Créateurs de la collection Anticipation au Fleuve Noir. Plus de cent romans à leur actif. Ont également signé des romans policiers et d'espionnage (F.H. RIBES). Une grande inventivité mais un style relâché.




David Marchal, seul survivant lors du naufrage de son vaisseau galactique, atteint une terre où l’environnement lui rappelle celui de sa planète-mère, à quelques subtiles différences près : une couche épaisse de nuages au-dessus de sa tête, une nourriture qu’il lui est difficile d’ingérer (il a ses pilules nutritives), un sentiment de malaise, de « décalage » auquel il n’arrive pas à s’échapper. Il rencontre pour la première fois des hommes du « Chatanga », ainsi appellent-ils ce lieu. Des primitifs accueillants et hostiles tout à la fois, et dont la seule occupation  consiste à faire diverses sortes de bruits, à casser des cailloux, à verser de l’eau, etc.
Lorsque l’un d’entre eux meurt, il devient un « yhouri », une sorte de fantôme et un monstre répugnant. C’est pour avoir tenté de leur démontrer la fausseté de leurs croyances que David est chassé du Chatanga pour trouver refuge dans un immense dédale souterrain habité par une race plus évoluée et organisée.
Leur chef, Alb, l’accueil avec réticence. Il conteste le fait qu’il puisse venir d’ailleurs, des étoiles, car pour Alb seule existe sa société, immuable dans ses principes, ses croyances et ses coutumes. L’arrivée de Marchal constitue une transgression qu’il va falloir réparer. Zabel, la fille d’Alb, est prête à devenir la femme du pilote, mais David, qui a conscience de l’hostilité généralisée autour de sa personne, se demande ce qui terrifie ainsi les indigènes.
Alb lui explique l’importance pour eux du « Machunga » un immense réservoir d’énergie qui constitue la base même de leur vie. Le Machunga que Marchal est amené à voir de près lors d’une aventure initiatique , est en réalité un envahisseur, un extraterrestre, un être radiant, psychogène et télépathe, tenant les humanoïdes sous sa coupe. C’est lui qui crée les yhouris , transformant en monstres, ceux qui forment les primitifs du Chatanga, des réprouvés rejetés de la société souterraine, et dont l’unique occupation est de produire les sons dont se nourrit l’Alien. En échange, il permet à Alb et aux siens de survivre grâce aux reliquats énergétiques qu’il leur abandonne. Ces échanges créent une société stable vivant en symbiose avec l’extraterrestre-vampire, le Machunga. Or, en explorant des tunnels abandonnés, Marchal découvre avec stupeur qu’il se promène dans Paris, un Paris détruit, méconnaissable  après plus de 2795 ans :
« Ce qui le surprit tout d’abord, ce furent les ruines à perte de vue qui lui offraient le spectacle poignant d’une civilisation défunte, tombée dans l’oubli.  Le ciment craquelé des immeubles effondrés, sans toit, retournait au néant, alors que la végétation de place en place, essayait de reconquérir une partie de ce que l’humanité lui avait arraché (…) Soudain l’image se fixa devant ses yeux et il contempla en blêmissant la gigantesque architecture gothique qui se dressait face à lui, à la limite d’un parvis. (…) Oh ! non, gémit David, les yeux exorbités…, ce n’est pas vrai…, ce n’est pas vrai…
Ce n’était pas seulement  Notre-Dame, mais aussi la Tour Eiffel à sa gauche, décapitée, qui émergeait des ruines, le Sacré-Cœur à demi détruit, toujours sur sa Butte, et plus près de lui, les vestiges du Pont au Change, plongeant dans les eaux de la Seine !  David eut l’impression qu’une main de glace lui broyait le cœur.
-Non, non, gémit-il en s’écroulant sur le sol. Mon Dieu ! Dites-moi que ce n’est pas vrai. Pas la Terre…, non… pas la Terre ! »
Il est donc retourné sur terre après un saut temporel inattendu, mais sur une Terre meurtrie, ravagée, désertée, polluée, et vampirisée par l’être immonde venu d’ailleurs. Il reste le seul survivant encore capable de se battre, grâce à ses connaissances scientifiques et avec les machines de l’ancienne technologie. Il comprend que, pour vaincre le vampire, il devra l’attaquer avec ses propres armes, soit produire des vibrations sonores dans une fréquence inaudible pour les humains mais insupportables pour le Machunga. Son appareillage sera réalisé avec beaucoup d’efforts mais mis en pièces par ses semblables du futur. Les hommes de 2795 ont appris à vivre avec le monstre. Ils ne désirent plus évoluer ni changer leurs croyances, ni perdre le pouvoir que les nouveaux prêtres du Machunga se sont octroyés. Ceux-ci lapideront  le dernier homme,  leur seul espoir de se libérer du joug.
Un récit qui tranche surtout par deux idées originales, celle de l’être exploitant les vibrations de l’inconscient humain pour créer des monstres (comme dans le film « Planète interdite » de Will Lenox) et celle de la noirceur finale du roman, un fin pessimiste, rare dans la science-fiction populaire.



couverture du roman "des Hommes, des Hommes... et encore des Hommes"
première édition pour ce roman paru au "Fleuve Noir"
 
 
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