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Crépuscule

les oeuvres > L'ENTROPIE PROGRESSE...

Crépuscule par John W. Campbell, pp. 245 – 277, in " le Ciel est mort ", recueil  de nouvelles,  Denoël éd., 1981, coll. " Présence du futur " N°6, 1 vol. broché, in-12 ème , 313 pp. couverture illustrée par Stéphane Dumont. nouvelle d’expression anglaise (USA)
1 ère  parution : 1934
l’entropie progresse...


John W. CAMPBELL

(1910-1971) Américain. Etudes au M.I.T. Ecrivain, nouvelliste et directeur de la revue "Astounding". Figure dominante de l'âge d'or de la SF, il édite les textes des plus grands (Van Vogt, Asimov, Heinlein, ...). Son caractère entier lui valut des inimitiés.  Il s'adonna aussi aux hypothèses hasardeuses, en marge de la SF (la télépathie de Rhine, la Dianétique de Hubbard.)

Jim Bendell a pris à son bord le narrateur qui lui racontera son histoire. Venu d’un futur lointain de sept millions d’années, il appartient à l’année 3059. Une erreur d’appréciation lors de son retour l’a fait revenir à notre époque. En ces temps lointains, il a observé une terre quasi-morte, gouvernée par des machines vivantes, auto-entretenues, auto-régulées :
"  L’univers change lentement. Seule la vie est instable et de peu de durée. Pour la Terre, ces huit pauvres millions d’années n’étaient pas plus que huit jours dans la vie d’un homme…Mais c’était assez pour que l’espèce humaine eût le temps d’agoniser. Oh ! Certes, elle avait laissé derrière elle un héritage de machines. Mais les machines aussi mourraient forcément un jour, et elles ne s’en rendaient même pas compte. "
Les rares cités étaient abandonnées depuis des temps immémoriaux, livrées aux machines mais prêtes à ressusciter pour tout être humain arrivé en leurs murs :
" Il faisait nuit. Je pouvais apercevoir la cité toute proche baignant dans le clair de lune. Toute la scène avait un aspect étrange. En sept millions d’années, les hommes avaient fortement changé les positions respectives des planètes à force de faire circuler leurs astronefs, de disperser les agglomérats d’astéroïdes, que sais-je ?… Sept millions d’années constituent un laps de temps suffisant pour que la nature elle-même change d’aspect. La lune devait probablement se trouver plus éloignée de la terre de 80.000 kilomètres et elle tournait maintenant sur son axe. J’observai le ciel un bon moment  et remarquai que les étoiles elles-mêmes avaient changé ; "
Il put aussi prendre un astronef à destination de Mars où régnait  une désolation sans bornes.
De retour dans l’immense cité de Yohk, il y rencontra un groupe d’humains de ces temps étranges. Profondément transformés au physique, présentant une grosse tête et un corps débile, ils l’étaient aussi au moral. D’un abord convivial , très intelligents, prêts à aider le voyageur à réintégrer son époque, il leur manquait cependant la curiosité ainsi que la volonté qui sont le propre de l’homme contemporain :
" Et maintenant les derniers représentants d’une espèce humaine qui s’amenuisait peu à peu n’avaient plus auprès d’eux d’autres êtres vivants dont ils pussent faire leurs successeurs. Antérieurement, chaque fois qu’une civilisation s’était écroulée, une autre avait poussé sur les décombres de la précédente, mais maintenant il n’existait plus qu’une seule civilisation. L’homme et certains végétaux exceptés, toute forme de vie avait disparu. "
Leur art essentiel consistait en un chant, " le Chant des Regrets ", d’une nostalgie absolue :
" (Le chant) était comme la quintessence d’une ultime défaite. Qui n’aurait pitié d’un homme perdant une partie décisive après avoir tout fait pour la gagner ? En entendant ce chant, on revivait le gigantesque effort de toute l’humanité – un effort aboutissant à une déroute. Déroute irrémédiable, car jamais l’humanité ne trouverait l’occasion d’une revanche. "
Sous la direction du narrateur, ils réussirent à rassembler les éléments manquants de sa machine, ce qui lui permit de revenir vers aujourd’hui, un temps présent certes dangereux mais où subsiste encore l’espoir.
" Crépuscule " fait partie du recueil de nouvelles " le Ciel est mort ", dans lequel Campbell explore le futur insondable de l’espèce humaine. Désespoir et désolation caractérisent le récit, apportant une tonalité sombre dans le champ triomphaliste de la SF des années trente aux USA.


couverture du recueil de nouvelles "le Ciel est mort"
ouvrage paru dans la collection "Présence du futur"
 
 
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