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Convulsions solaires

les oeuvres > MENACES COSMIQUES

Convulsions solaires par Jimmy Guieu, Fleuve Noir éd., 1958, coll. «Anticipation» N°110, 1 vol. broché, in-12ème, 191pp. couverture illustrée par Brantonne. roman d’expression française
1ère parution: 1958
menaces cosmiques


Jimmy GUIEU

(1926-2000) Ecrivain français de science-fiction né en Provence. Pilier du Fleuve Noir (Anticipation, Espionnage) ainsi que des romans érotiques et policiers (sous pseudonymes). Résistant durant la guerre, il a développé la haine à l'égard des "invasions" de toute nature. Son implication ésotérique, philosophique et franc-maçonne lui a donné l'assurance d'une "mission" à remplir, celle d'avertir le monde des dangers d'une conspiration extra-terrestre, d'où sa spécialisation en ufologie. De nombreuses conférences et interventions sur les ondes, des essais et des rééditions de ses oeuvres.

Daniel Burke et Albert Culter, des astronomes, ont découvert un nuage de poussière cosmique qui altère la luminosité des étoiles. Proche de la Terre, ce nuage constitue une grande menace pour notre système solaire qui y plongera immanquablement. Sylvia, la fille de Culter et Daniel, prévoit le pire. Déjà un brouillard ténu se répand dans la haute atmosphère causant des perturbations téléphoniques généralisées. Cette poussière pourrait être mortelle pour des poumons non protégés en provoquant la «siderosis » ou maladie du fer :
« Je vous décris simplement les symptômes de la Siderosis. Cette dangereuse affection va s’abattre sur le monde et seuls ceux qui auront pu se procurer des masques filtrants pourront l’éviter. Or, vous êtes placée pour le savoir, votre père est l’un des fabricants de ces masques protecteurs. (…) Ceux qui ne pourront protéger leurs poumons en filtrant l’air en permanence verront la Siderosis dégénérer rapidement en tuberculose, puis en cachexie, la phase terminale annonçant une mort horrible. »
L’unique parade possible serait donc le port de masques filtrants.
Avec un délai de seulement trois semaines, le couple, rejoint par la jeune Lily, fille d’un industriel, convainc le père de celle-ci, Gene Weston, et son adversaire en affaires, Horace Hubbard, d’en commencer sans tarder la fabrication. Les hommes politiques seront plus longs à être convaincus, surtout le sénateur Drake, qui craint pour sa carrière.
Au moment où débute à grande échelle la distribution des masques, le nuage a sensiblement progressé avec des conséquences inquiétantes : un soleil voilé, plus rouge et plus chaud, qui attire la poussière par effet gravitationnel et qui augmente de volume :
« Le soleil s’élevait progressivement dans le jour bistre qui baignait la ville. Mais ce soleil différait sensiblement de l’habituel astre du jour. Son disque, paré naguère de l’éclat de l’or en fusion, prenait l’aspect d’une inquiétante roue de feu. Emergeant peu à peu au-dessus des toits, le globe paraissait à la fois plus brillant – en dépit de l’obscurcissement de l’atmosphère - mais aussi plus rouge. A son équateur, et ce malgré l’aveuglante luminosité, on distinguait des plages sombres.»
La Terre sera-t-elle détruite ? D’autant plus que le pire reste à venir puisque des « grumeaux » de poussière plus denses s’approchent inexorablement de notre planète. Des effets électriques intenses, l’apparition d’énormes taches solaires, des séismes de plus en plus fréquents, complètent le tableau.
Burke, invité à une conférence de l’U.A.J. (Union Astronomique Internationale), prévoit que les masques seront insuffisants pour protéger l’humanité contre la hausse des températures ou les raz de marée dévastateurs (On s’en serait douté !).  En attendant, Lily, Daniel, Sylvia et son fiancé Jeff, s’engagent à fond, escortant des trains remplis de pastilles filtrantes ou aidant à la distribution des masques.
Les effets nocifs en croissance rapide, déstabilisent les sociétés humaines, partout dans le monde. Les suicides augmentent en masse, ainsi que les tuberculoses à sidérose. Le climat s’affole avec des pluies torrentielles en Afrique, de la chaleur torride en  Finlande, suivie par la fonte des glaciers polaires et l’augmentation du niveau des mers :
« Depuis dix jours, les ténèbres régnaient sur le monde et la température atteignait, au-dehors, 50° C. Il n’aurait su être question de température à l’ombre ou au soleil, ce dernier ayant cessé d’être visible. A peine pouvait-on distinguer dans le ciel rougeâtre un halo pourpre démesuré. La luminosité et la chaleur rayonnante du globe solaire avaient augmenté dans des proportions effrayantes au contact de la masse de poussière du « grumeau » à haute densité. »
L’instabilité gagne les couches sociales, les malfrats de toute nature, comme ce Freddy Burke, évadé d’un bagne voisin, imposant leurs lois :
« Le nombre des mécontents augmentait d’heure en heure sur l’ancien et le nouveau continent. En Chine, la populace ignorante dans sa majorité restait calme. Aux Indes également. Tout au plus avait-on enregistré, dans les grandes villes, des incidents provoqués par des agitateurs appartenant à la classe des «évolués ».
Quant aux nombreux peuples primitifs - quoique parfaitement ignorants des événements – ils subissaient un effroi démentiel : l’assombrissement de l’atmosphère qui, paradoxalement, s’accompagnait d’une augmentation d’éclat du Soleil, les frappait d’une terreur superstitieuse.»

Malgré tout, les usines continuent à produire des masques,  protégées par l’armée ou la police.
Dans cette ambiance de fin du monde, Burke et Jeff aménagent en cachette un abri dans les grottes voisines au cas où la vie à l’extérieur deviendrait impossible. Soudain, l’obscurcissement complet de l’atmosphère signale l’arrivée d’un grumeau de poussière. L’augmentation démentielle de la température, suivie de séismes gigantesques font craindre que la Terre ne soit à l’agonie :
« Dans les mers et les océans hérissés d’épaves, encombrés de milliers de cadavres, des baleines, par centaines, flottaient à la dérive. Mortes asphyxiées, elles ne couleraient que lorsque leur corps se serait rempli d’eau. Leurs amarres rompues, des navires, des paquebots, des pétroliers et des bateaux de tous tonnages et de tous pavillons dérivaient également sur les mers chaudes. (…)
Quelquefois, des cyclones déversaient des trombes d’eau sur les régions épargnées par les inondations, noyant alors les caves, les égouts et les tunnels de métro où des milliers de familles avaient trouvé refuge.
Des glissements de terrain, des mers de boue et des fleuves chassés de leur lit parachevaient ensuite l’œuvre destructrice commencée par les autres fléaux. Et la phase optima du cataclysme durait depuis huit jours… »

Nos amis se dépêchent de gagner leur abri souterrain dans les cavernes au nord de Phoenix (Arizona), en priant pour que le soleil ne se transforme pas en nova.
Ils y resteront peu de temps. Le système solaire, en se dégageant progressivement du nuage, permettra d’éviter le pire.
Un « Jimmy Guieu » dans sa veine habituelle, avec ses héros, jeunes et dynamiques, blancs de préférence (les autres n’auront qu’à disparaître) et ses notes scientifiques de bas de page (« authentique ! »), ni meilleur ni pire que les autres.


couverture du roman "Convulsions solaires"
couverture du roman en sa première édition au Fleuve Noir
 
 
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