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Comment Paris sera détruit en 1936

les oeuvres > LA CITE FOUDROYEE

Comment Paris sera détruit en 1936 par le Major Von Helders, éd. Albert, sd (vers 1936), 1 vol. broché, in-octavo, 279 pp. couverture illustrée. roman d’expression allemande. notice bibliographique in " Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N° 26, nov. déc. 2001
1ère parution: sd (vers 1936)   titre original: Luftkrieg
la cité foudroyée - guerres futures 1


Major VON HELDERS

(1892-1955) Allemand. Pseudonyme de Robert KNAUSS. Docteur ès-sciences. Passionné d'aviation. Pilote. A fait le raid Königsberg-Pékin (1926) ainsi que des vols sur divers continents. Directeur de la Lufthansa. Travaille à la constitution de la Luftwaffe, qui, selon lui, doit "couvrir" l'armée de tere. (réf. site "le Pollémarque")

Peu avant le véritable déclenchement des hostilités de la part des Allemands en 1939, Le Major Von Helders, adepte convaincu de la prééminence de l’aviation dans un conflit futur, envisage un kriegspiel passionnant: l’Angleterre attaque la France à cause de son ingérence  dans les affaires égyptiennes.
Le général Brackeley, la figure centrale du récit, est le vainqueur désigné car il est le seul à croire à l’invincibilité de la force aérienne des avions de type G, bombardiers géants à la puissance de feu énorme, chargés de porter la terreur au sein du territoire ennemi. Lorsque le ministre anglais lui donne carte blanche,
" Brackeley resta un moment étourdi. Mais soudain il se ressaisit et il lança un " Hourrah ". A ce cri, son adjoint accourut. Brackeley le saisit par les épaules et le fit tournoyer plusieurs fois sur soi-même. Alors, hors d’haleine il se jeta dans un fauteuil et se mit à rire à gorge déployée. "
Seul l’écrasement complet de la capitale pourra obliger la France à capituler. La décision est prise de bombarder Paris en trois vagues successives. Les Français, moins bien commandés, moins organisés, n’opposent qu’une résistance sporadique aux vagues d’invasion. Les bombes sont lâchées de 6000 mètres d’altitude avec un effet redoutable:
" A la station " Opéra " deux trains bondés se trouvaient arrêtés l’un derrière l’autre. Soudain, tout s’ébranla, au milieu d’un éclair jaune. Les maçonneries s’effondraient avec fracas...; pendant une seconde s’établit un silence de mort, et tout à coup, ce fut un concert atroce de gémissements et de hurlements de douleur. Une bombe de 1000 kg était tombée à 50 mètres de l’entrée. Elle avait éclaté sur le ballast et le déplacement d’air seul avait fait des centaines de victimes. La galerie avait cédé: un entonnoir de 50 mètres de diamètre s’ouvrait béant au milieu du boulevard des Capucines. Les façades de trois maisons s’étaient écroulées dans la rue, les appartements, avec leurs meubles exposés à l’air avaient un aspect hallucinant et un piano demeurait lamentablement suspendu dans le vide ".
La victoire est totale. Tandis qu’une vague de feu parcourt la capitale foudroyée, le deuxième bombardement  parachève l’oeuvre de mort:
" Les gens s’échappaient des maisons. On n’entendait qu’un cri " Fuyons cet enfer ". La foule avait envahi les places publiques, les jardins des Tuileries, le Champ – de -Mars. Heureusement peu d’habitants étaient atteints par les gaz. Sans doute, fort peu de bombes asphyxiantes avaient été jetées, à moins que l’échauffement de l’air, par suite des incendies, n’eût activé la ventilation et facilité l’évacuation des gaz. Une bombe de 1000kg. avait fauché un des quatre pieds de la Tour Eiffel, et l’immense armature de fer s’était écroulée s’étendant comme un bras à travers la Seine dans la direction du Trocadéro. "

Dans le chaos français, des mutineries, des insurrections éclatent. Le communisme international, trop heureux de faire son lit de la déconfiture française en profite pour appeler à  l’insurrection:
" Le gouvernement s’était enfui, en automobile, à Tours où la Chambre des Députés et le Sénat avaient aussitôt été convoqués en séance de nuit. Un tiers de parlementaires seulement y vint. Les élus communistes n’y assistaient évidemment pas, car ils étaient demeurés à Paris pour organiser le désordre. "
La marine anglaise, inutile devant la victoire totale remportée par l’aviation, a pu se mettre en embuscade en Méditerranée en vue de  couper les liaisons entre la France et l’Afrique du Nord, attendant que l’Italie , alliée des Anglais, entre à son tour dans la danse. Néanmoins, une contre-attaque française se précisera. Le pays martyr, rassemblant les restes épars de son aviation et toute la puissance de feux de ses engins maritimes, réussit à établir une tête de pont dans le sud de l’Angleterre, pour opérer une percée terrestre. Des canons, des tanks, des soldats débarquent et s’enfoncent en territoire ennemi, vers Londres. Les Amiraux et les Généraux des armées de terre, lors d’un Conseil de guerre houleux à Londres,  s’accablent mutuellement de reproches. Brackeley, olympien, décide seul de régler le problème avec ses escadrilles d’avions G.
Reprenant l’air, il bombarde la tête de pont française, puis, devant un succès rapide et complet, dans la foulée, il s’attaque aux destroyers, porte-avions, croiseurs français, en les envoyant par le fond. Lors d’un dernier survol à basse altitude, à cause d’une météo exécrable, le G300, avion amiral, est abattu. Brackeley meurt en héros et l’état anglais lui assure des funérailles nationales. La France capitule et cède ses colonies
La précision documentaire des données, l’adjonction de cartes, le suivi heure par heure des hostilités qui s’ouvrent un 6 juillet et se ferment un 12 juillet, tout annonce ici le déclenchement de la vraie guerre, celle que l’Allemagne mènera contre l’Europe à partir de 1939. Le sentiment de vraisemblance est accentué par l’usage de concepts qui triompheront sur les champs de bataille: rapidité de la guerre-éclair, importance fondamentale de l’aviation, notamment des bombardiers (selon la théorie de Goering), pilonnage des villes pour écraser le moral des habitants, prise en otage des masses humaines.
Le subterfuge de l’auteur qui met l’Angleterre à la place de l’Allemagne est vite éventé. Ce récit mené tambour battant se lit d’une traite et rend palpable l’idée que certaine fiction cataclysmique reste souvent en - deçà de la réalité historique.


couverture du roman "Comment Paris sera détruit en 1936"
couverture du roman de cette guerre future exemplaire
 
 
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