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Comment la France conquit l'Angleterre en 1888

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Comment la France conquit l’Angleterre par H. Buchard d’après Spiridion Gopcévic, Pyremonde/Princi Negue éd., 2008, 1 vol. broché, in-8 ème, 94 pp. couverture illustrée. roman d’expression allemande
1 ère parution : 1887    titre original : Der Grosse Seekrieg im jahre 1888.
guerres futures 2



Spiridon GOPCEVIC

(1855-1928)  de son vrai nom Leo Brenner. Ecrivain, historien, journaliste et astronome autrichien /serbe, d'une famille d'armateur. Après des démêlés avec la justice autrichienne, il arrête le journalisme pour l'astronomie. Anime un journal scientifique. Un voyage aux Etats-Unis. Laisse son nom à un cratère lunaire (le cratère Brenner)

H. BUCHARD

aucun renseignement sur Henri Buchard ayant traduit de l'allemand cet ouvrage de Spiridion Gopcevic (au fait "Spiridion" ou "Spiridon"?)

Ce texte représente l’un des nombreuses suites de la «Bataille de Dorking ». Spiridion Gopcévic démontre, avec une rigueur amusante, le rôle joué par la marine française dans cette conquête qui rend enfin à raison la suprématie britannique en ce domaine. Tout commence par la prise de l’Egypte par l’Angleterre. C’en est trop pour la France qui ne peut admettre qu’on la dépouille de son protectorat (et incidemment du canal de Suez). S’appuyant sur l’Irlande, folle de joie à l’idée de regagner sa liberté, s’étant assuré de la neutralité des autres pays européens, elle arme ses deux flottes, l’une partant de Brest, l’autre de Toulon.
Les Anglais, mis au courant, veulent prévenir l’attaque en la personne de l’amiral Clark fort de ses cinquante-cinq cuirassés qui aussitôt firent route vers la Méditerranée pour bloquer l’escadre française dans son port de Toulon :
« Le Rodney et le Conqueror, qui avaient déjà canonné le Richelieu, lors de son passage à contre-bord, s’attaquèrent plus spécialement au Caïman, et, concentrant sur lui le feu de leur artillerie, pendant qu’il mettait à l’eau ses torpilleurs vedettes, réussirent à le couler ; les deux petits torpilleurs ne tardèrent pas à venger la perte de leur navire-mère. A la faveur de la fumée épaisse qui couvrait la plaine liquide, ils parvinrent à lancer en bonne direction, deux torpilles Whitehead, qui firent sauter à la fois le Rodney et le Conqueror. »
Averti à temps de la décision anglaise par l’aviso-torpilleur «la Dague» en embuscade avancée, l’amiral  français Borny pris la mer à partir de Brest pour voler au secours de la flotte toulonnaise :
« Le soleil levant du 1 er août 1888 vint éclairer un imposant spectacle. Une flotte formidable appareillait de Brest : 280 vapeurs de tous les types remorquant des navires à voiles, 8 cuirassés, 20 torpilleurs et 22 croiseurs ; au total 330 bâtiments quittaient ce grand port au milieu des hourras enthousiastes de plus de  200 000 voix et prenaient leur course vers Land’s End. Les avisos et les torpilleurs ne tardèrent pas à se placer de tous côtés en éclaireurs, tandis que les bâtiments de ligne restaient plus près, autour du convoi, pour le protéger. Dix heures plus tard, le même soleil assistait à Cherbourg à un mouvement de navires aussi considérable. 8 cuirassés, 20 torpilleurs, 22 avisos et 270 transports ; -en tout 320 bâtiments quittaient les côtes de Normandie, et faisaient route à l’Ouest. »
La bataille de Corrobedo demeura incertaine quant à la victoire française, les forces en présence s’équilibrant, les deux armadas se coulant respectivement leurs cuirassés à l’aide de leurs petits navires rapides, les torpilleur, qui firent merveille. L’arrivée imprévue, pour les Anglais, des secours français de Borny inclina la décision finale en faveur de la France.
Malgré de lourdes pertes, l’Angleterre put se dégager du piège.  Les Anglais enragèrent et ne cédèrent pas. Peu de temps après, ils mirent en commun toutes leurs forces, constituant une nouvelle escadre dans la Manche dont ils confièrent la destinée à l’amiral Harlington pour une vigoureuse contre-attaque  dans le but de dégager définitivement les côtes anglaises.
L’engagement eu lieu au large de la Corogne, au désavantage des Anglais dont les cuirassés sombraient les uns après les autres, attaqués de tous les côtés par les torpilleurs français. C’en était bientôt terminé de l’orgueilleuse flotte britannique. Les Irlandais jubilèrent. La France, confiante en sa toute nouvelle force, prépara son débarquement sur les côtes du pays ennemi, près de Portsmouth et de la Cornouaille.  L’amiral Drach, appareillant le 1 er août avec sa formidable flotte, établissant plusieurs brèches dans la défenses désespérée des Anglais, établit la tête de pont, débarquant à terre une armée de plus de 100 000 hommes. La jonction de toutes ces forces devait s’établir à Exeter et, de là, prendre la direction de Londres.
« Le commandant en chef décida de la retraite le 17 août ; mais il était trop tard, un corps de l’armée française avait opéré son mouvement tournant et attaquait ses derrières. Il était enveloppé de toutes parts. Il tenta de faire une trouée à travers l’ennemi, mais cette attaque désespérée demeura sans succès, par suite du manque d’entrain de la milice et des volontaires.
Enfin, dans la matinée du 18 août 1888, l’armée anglaise fut réduite à capituler ; et le 23, les armées françaises faisaient leur entrée dans Londres. Pendant ce temps, les transports avaient fait retour en France et y avaient embarqué 100 000 nouveaux hommes. La moitié de ceux-ci furent mis à terre en Irlande où la population se souleva et les accueillit à bras ouverts ; l’autre vint renforcer l’armée d’occupation. »
Malgré une défense héroïque, les journées d’août 1888 furent désastreuses, qui virent la destruction complète de la flotte anglaise. La mer étant libre, maintenant, de partout dans le monde, dans l’océan Indien, en mer de Chine, au large de l’Australie, près de l’Amérique du Nord, au large de Sainte-Hélène (lieu ô combien symbolique !), des petites escadres françaises fortes de leurs avisos et de leurs torpilleurs coulent les navires de commerce britanniques, portant le coup de grâce à l’Empire.
Fin août, après la bataille définitive de Labuan, l’Angleterre était à genoux. Elle fut sommée de verser trente huit milliards de francs-or au titre des dettes de guerre. Le reste de sa marine fut démantelée. Elle perdit toutes ses possessions lointaines (à l’exception de l’Australie), qui se déclarèrent républiques indépendantes. Le reste de ses territoires fut partagé entre les vainqueurs français et les voisins européens. Finis Britanniae !
L’auteur, d’une manière qui se veut exemplaire, comptant et recomptant inlassablement les forces maritimes en présence comme les boutons de guêtre d’un uniforme de soldat, veut ainsi démontrer :
1.que les Français sont d’habiles tacticiens maritimes
2.que la souillure de la défaite de Trafalgar devait impérativement être lavée.
3.que la perte des cuirassés anglais était en grande partie due à l’usage novateur des torpilleurs, plus rapides, plus légers, plus maniables, et partant plus dangereux.
Dans la lignée des « Batailles Imaginaires » établie par Garçon Augustin et l’éditeur Lavauzelle , le récit de Gopcévic Spiridion a le mérite d’être court, enlevé, précis, démonstratif, traçant ainsi dans l’imaginaire ce que jamais la France ne put accomplir au réel.


couverture du roman "Comment la France conquit l'Angleterre en 1888"
une réédition récente et bien venue de cet ouvrage difficile à trouver
 
 
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