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Combat fatal

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

Combat fatal par Eric Harry, Laffont éd., 2001, coll. "Best-Sellers ", 1 vol. broché, in-octavo, 522pp. couverture illustrée par « Image Bank » roman d’expression anglaise (USA)
1ère  parution : 2000    titre original : Invasion
péril jaune et guerres des racesguerres futures 1


Eric HARRY

(1958-) Ecrivain américain spécialisé dans le genre de la politique-fiction et du techno-thriller. Après des études à l'université Vanderbilt, il devient  avocat et expert des questions militaires. Parlant russe, il assure actuellement la direction juridique d'une société pétrolière au Texas.

L’expansionnisme chinois a, en ce début du troisième millénaire, gagné les pays d’Asie, puis d’Europe. Le monde entier (encore libre) assiste, stupéfait à la propagation de la vague jaune.  Le récit débute au moment où les Etats-Unis sont menacés au nord par le Canada, au Sud par la Floride et la Californie. Le président Bill Baker refuse l’utilisation de l’arme nucléaire, sachant qu’une destruction globale du monde en résulterait. Il prévoit une guerre conventionnelle avec une ligne de front comme en 1914 mais avec des armes issues de la plus haute technologie.
Les intrigues se recoupent régulièrement ; celle de Stéphanie Baker (Stephie), la propre fille du président qui envisage comme seul avenir professionnel de servir au front. Elle se bat sur le terrain avec un groupe  de jeunes militaires bien typés, surveillée par John Burns sur l’ordre même de Baker,  et qui, survivant à tous les engagements, décrit dans le détail les faits de guerre :
« Des missiles américains fendirent l’air aux abords de la maison. Boum ! boum ! boum ! La moitié des véhicules chinois furent touchés. L’autre moitié se hérissa de lance-roquettes- Aux abris ! cria John de toute la force dont il était capable. Il se coucha sur Stephie. Des projectiles heurtèrent les briques à l’extérieur de la maison. Le sol frémit. Le salon et la salle à manger volèrent en éclats. Une nuée ardente embrasa l’air puis s’éteignit aussitôt, suivie d’un concert de cris effroyables. Stephie ne pouvait plus respirer. Elle était morte. Ou vivante. Elle ne savait plus.  Elle repoussa John Burns, qui l’écrasait. Il ne paraissait pas blessé, mais hébété. A côté d’eux, gisaient Peter Scott et le sergent Collins, en plusieurs morceaux. »;
celle de son père et de ses états d’âme, de sa liaison avec Clarissa Heffner, sinologue distinguée et accessoirement sa maîtresse, placée à son corps défendant au centre d’un complot militaire  - téléguidé par les Chinois- visant le coup d’état par l’élimination physique de Baker et le recours au nucléaire ; celle de Han Széning, l’un des membres de la «Famille » (la Nomenklatura chinoise qui fonctionne sur le modèle de la mafia) dont le Premier ministre et le ministre de la défense sont les rouages moteurs de l’expansionnisme. Le moindre froncement d’un sourcil de leur part est commenté, disséqué, analysé et décodé par les médias pour mettre en évidence les fluctuations du pouvoir parallèlement aux diverses phases de l’invasion.
Han Szening, à moitié américain et ancien condisciple de Baker, lié à lui par un lien de parenté, a beaucoup de difficulté à manipuler son propre fils Wu Hang, cousin de fait de Stephie, la sœur de l’épouse de Baker ayant fauté avec le père de la jeune fille en d’autres temps. Wu Han brûle de s’engager sur le terrain comme sa cousine mais il est contrôlé par le pouvoir central de la Famille qui espère lui faire jouer un rôle de premier plan après la guerre, au détriment de son père Han ;
enfin celle du franc-tireur Hart, capitaine américain des forces spéciales, resté bloqué sciemment à l’arrière des lignes ennemies pour infliger à l’ennemi le maximum de pertes possibles par des actes de sabotage.
L’assaut chinois est irrépressible et la ligne de front recule, puis est enfoncée jusqu’à Washington. Bill Baker mise tout sur la construction de deux navires-ateliers gigantesques, capables de lancer des milliers de missiles à la minute ce qui devrait assurer in fine la victoire à l’Amérique. Ils sont encore en construction dans le port de Philadelphie. Pour donner le change aux Chinois, Baker feint de ramener toutes les forces combattantes autour du Capitole pour leur faire croire que là aura lieu la bataille décisive. Han, quoique habile négociateur, nommé administrateur civil, ne réussira pas à tromper Baker et surtout son rival politique, le vieux général Sheng, commandant les forces d’invasion en Amérique cruel selon la tradition :
«Le commandant du camp formait des pelotons pour procéder à l’abattage des prisonniers. Pour un non-initié, le processus pouvait paraître simple. Mais Han savait d’expérience que pour mener l’opération à bien sans encombre ni surprise, il fallait veiller aux moindres détails. La méthode généralement appliquée dans l’armée consistait à gracier l’homme le plus méritant dans chaque tranchée d’exécution. Ainsi, l’ensemble se laissait conduire au supplice dans l’espoir d’être celui à qui l’on accorderait la vie sauve.La vilaine astuce, c’est que le pardon était faux. Les hommes ainsi sauvés n’obtenaient d’autre récompense que de faire partie de la dernière tranche exécutée. »
La bataille de Washington eut finalement lieu, terriblement éprouvante pour Stephie qui sera faite prisonnière et identifiée. Sheng envisage de l’échanger contre son père, à une date donnée, sur un pont à moitié démoli.
Ce moment, périlleux entre tous, rassemble Baker et sa fille, Wu et Sheng. Hart sera téléguidé par les putschistes (sans qu’il le sache) pour abattre le président sous prétexte qu’il ne doit pas tomber vivant entre les mains des Jaunes. Le coup de théâtre viendra de Wu qui abattra le général Sheng, avec l’assentiment de la Famille qui estime que la guerre a assez duré, qu ‘elle a fait trop de morts du côté chinois. Il protégera Baker et sa fille pendant que, Hart avec l’intuition qui le caractérise, n’exécutera pas la mission qu’on lui a confiée,ce qui permettra plus tard au président de démasquer les putschistes. Le seul vrai perdant dans l’histoire est le père de Wu, Han, dont l’action a été désavouée par la Famille. Comme lot de consolation il se contentera des bras de Shen Shen, la jeune maîtresse de Wu, espionne à la solde de Han. Enfin, comme un bonheur n’arrive jamais seul, les navires-ateliers finalement opérationnels sont prêts à débarrasser le sol américain des envahisseurs.
Dernier épigone en date du thème du « péril jaune » sous la forme d’une guerre future détaillée, réaliste et vraisemblable. Elle s’articule autour d’une analyse des motivations de chaque personnage, avec ses faiblesses et ses failles ce qui renforce l’effet de réel,  à laquelle s’ajoute la description minutieuse des opérations militaires. Un roman agréable à lire même si, parfois, le trait est forcé...



couverture du roman "Combat Fatal"
couverture de la 1ère édition française du roman
 
 
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