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Archéopolis

les oeuvres > ARCHEOLOGIE DU FUTUR

Archéopolis par A. Bonnardot, pp. 57-92, in « Fantaisies multicolores », Chastel Libraire éd., 1859 , 1 vol. broché in-12ème , 283 pp., TL. à 200 exemplaires. prépubli cation dans « l’Abeille Impériale » de 1855-1857. couverture muette. nouvelle d’expression française.
1 ère  parution : 1859
archéologie du futur

A. BONNARDOT

(1808-1884) Auteur dramatique et essayiste mais surtout spécialiste du Vieux Paris. Son vif intérêt pour les Beaux Arts et l'archéologie  lui fit composer  de nombreux essais aussi bien réalsites que de fantaisie.

Le narrateur se réveille sur la colline de Montmartre considérant Paris en ruines à ses pieds. Descendant la pente, il rencontre des gens affairés, coiffés d’un turban qui parlent un « français neuf » :
« Après avoir erré à travers un dédale de ruines informes et de voies désertes, bossuées, envahies par les ronces, je reconnus l’emplacement du jardin des Tuileries, où jadis, se réunissait sous des quinconces de marronniers, l’élite des élégances parisiennes, avec leurs fils pétulants, à la précoce intelligence. »
Ce sont des savants, débarqués d’un aéronef, à la recherche de témoignages archéologiques concernant la cité parisienne, tels que des médailles de bronze datant de l’ère des « Kouktmans », envahisseurs du 49 ème  siècle :
« le 9 juillet, après une marche pénible à travers une plaine inculte, encombrée de pierres moussues et parsemée de débris de vitres, d’ardoises, de marbres de diverses couleurs, nous nous arrêtâmes au bord de la Synn (la Seine des anciennes chroniques) » Dans une fondrière pleine de broussailles, où sifflait un serpent d’une espèce fort dangereuse, nous trouvâmes une tête de cheval en marbre blanc, assez fruste, qui a été déposée dans la salle N° 729 de notre musée national.
Ce fragment fut recueilli à une petite distance d’une antique voie fort large conduisant à une ville dite « Vaersall » ou «Versaëlles . ( …) Cette tête chevalière (…) faisait partie d’un monument élevé au Connétable de Bonaparth. »

La disposition des piliers de l’église de la Madeleine et des Invalides (pris à tort pour un lazaret destiné aux infirmes) amena entre eux une vive polémique, sténographiée par un secrétaire qui porte ainsi à la connaissance du narrateur le jour de sa rédaction, soit le 7 juillet 9957.
Ces savants, originaires de la ville d’Archéopolis située en Afrique du Sud, proposent au narrateur de l’emmener avec eux.Arrivés à destination, ils visitent la ville et notamment l’Académie des « Bosselés » destinée à des professeurs entretenus par l’Etat.
Le Docteur Fissbeck de Hardeynach, dont l’énorme bosse est le symbole de l’intelligence selon le système du Dr. Gall, lui explique le passé. L’écliptique de la terre s’étant déplacée avec pour conséquences l’existence d’une zone tempérée en Afrique, les climats se sont régularisés. Les maladies ont disparu. S’étonnant de l’ignorance dont fait montre le narrateur, il fait annôner par son élève,  le « petit Robinet », les grandes caractéristiques des siècles passées, issues des « Annales de la France »
Tandis qu’au XXIème siècle les machines avaient supprimé l’usage de la force humaine, que les pauvres se procuraient le nécessaire, les climats furent à nouveau bouleversés. Des maladies inconnues, le volcanisme généralisé, l’approche d’une comète qui asphyxia le peuple d’Amérique, apportèrent du malheur. Par manque de travail manuel, la foi religieuse sombra.
L’oisiveté engendra nombre de suicides et de luttes. L’impuissance des gouvernements à faire face aux périls, des « démocraties monarchiques » aux « monarchies démocratiques », suscita des jours de fureur : disparition des dernières ressources alimentaires, incendie des châteaux et des fermes, apparition de la « folie épidémique » et de la peste vers 2050. Seules quelques familles subsisteront en Afrique, qui reconstruiront le tissu social.
Après ce discours, il assista à une séance archéologique de l’an 9957 durant laquelle deux étudiants joutèrent entre eux, dans le cours « d’intégrité française », quant à l’origine et la connaissance des débris rapportés par l’expédition, avec, pour corollaire habituel en ce type de débat, le concept de la fausse reconstitution historique.Un nouveau témoin du passé souleva derechef la curiosité du narrateur :
« L’orateur passa immédiatement à un autre exercice. Il fit circuler dans la salle un tube de bronze très oxydé, sur lequel on déchiffrait cette inscription « Gaspard, breveté SGDG. Je compris sur le champ d’où provenait ce cylindre et ce que signifiaient ces quatre initiales ».
Mais déjà, il est trop tard pour intervenir puisqu’il se réveille à la voix de son domestique l’appelant à visiter les ruines de Rome.
Un petit texte introuvable qui a le grand mérite –en dépit de sa fin convenue- d’aborder de nombreux motifs liés à notre thème avec, pour axe central de la narration, la redécouverte des ruines conjecturales de la ville de Paris, thème qui deviendra familier au XIXème avec Alfred Franklin, Octave Béliard ou Henriot, et souché sur la nouveauté induite en littérature par les campagnes égyptiennes de Bonaparte


couverture du recueil "Paris, Capitale des ruines", par M.Madouraud
couverture du fascicule rééditant ce texte introuvable, ainsi que bien d'autres. Un grand merci à Marc Madouraud.
 
 
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