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ARCHEOLOGIE DU FUTUR

L’Archéologie du futur » dont le thème se confond en partie avec celui de la poésie des ruines, répond à la fascination du temps qui passe sur les œuvres humaines, surtout les villes et les œuvres architecturales.
Trouvant son origine chez les Romantiques du XIXème siècle, via « les Ruines » de Volnay, lié à la redécouvertes des ruines antiques par l’égyptologie napoléonienne ainsi qu’aux méditations modernes sur la fragilité de l’espèce humaine, le thème cherche un second souffle dans le roman cataclysmique. Les découvreurs de tout poil – motivés ou fortuits- explorent une cité en ruines en un avenir lointain. Ce qui permet une distanciation appréciable soit pour s’étonner de la naïveté de nos ancêtres, soit pour critiquer leur mode de vie ou leur type de gouvernement.  Ces érudits se penchent sur les précieux vestiges d’un passé si fabuleux (c’est-à-dire notre présent). La ville de Paris (de préférence à New York), au destin unique d’une grande métropole culturelle fournira le modèle à répertorier.
Du « Paris en l’an 3000 » de Henriot, des « Ruines de Paris » de Léo Clarétie (« Paris depuis des origines jusqu’en l’an 3000 »), en passant par « l’an 5865 » de Hippolyte Mettais, ou les « Ruines de Paris en 4908 » d’Alfred Franklin, et surtout par « une exploration polaire aux ruines de Paris » d’Octave Béliard, le schéma est quasiment le même. Une société future évoluée (africaine le plus souvent), s’intéresse au passé. Elle envoie de hardis explorateurs en ces lieux reculés ou maudits où sont enfouis tant de trésors archéologiques. Mais la vérité est fragile. Souvent, comme dans "la Vénus d’Asnières"  d’André Reuze, la reconstitution historique est altérée par des spéculations hâtives ou les conclusions fausses qu’imposent des quiproquos sémantiques : ainsi, « la tribu des Napo » qui régna sur la France répond « aux maisons des rois », anciens bordels de la rue de l’Echaudée, la « Vénus de Milo » est très abîmée (il lui manque les bras) ; quant à la Tour Eiffel, que déduire d’un amas de poutrelles tordues envahi par la végétation grimpante, au pied de laquelle campe une tribu primitive ?
Les fausses interprétations (magistralement mises en scène par David Mc Auley dans son roman uchronique et didactique « la Civilisation perdue», sont à l’origine d’un humour de la distorsion mais retracent surtout la difficulté d’interprétation d’un passé à jamais révolu.
Aujourd’hui, le concept d’« archéologie industrielle » impose l’idée d’une transmission raisonnée de l’héritage culturel. Des objets de la quotidienneté, enfermés dans des containers, sortes de « capsules temporelles », traverseront les millénaires, intacts, à destination des générations futures. C’était le but poursuivi par l’artiste alsacien Raymond Waydelich qui, dans son ouvrage « Mutarotnegra » (témoignage d’un happening culturel sous le parvis de la cathédrale de Strasbourg) photographie « dans leur jus » des objets publicitaires contemporains.
Ce thème des ruines, en face de la prise de conscience d’une fragilité de plus en plus prononcée de l’espèce humaine, a encore de l’avenir dans le champ de la conjecture romanesque.




 
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