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après la Bombe...

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APRES LA BOMBE...


Comme son nom l'indique représente le paysage urbain rasé par une bombe atomique. Pourquoi en avoir fait un thème spécifique?  L'expérience vécue et historique de deux cités balayées par la tempête atomique s'est profondément inscrite dans la conscience de nos contemporains. Grâce aux Américains, qui n'hésitent pas longtemps à concrétiser les avancées technologiques néfastes,  pour la plus grande joie de leurs cobayes, Hiroshima et Nagasaki ont pu servir de vitrines aux ravages inouïs perpétrés sur l'espèce humaine, jamais expérimentés dans l'histoire: des cités soufflées comme un château de cartes où quelques tronçons de béton défient encore la gravité, sortant de collines de gravats; quelques survivants hagards et désorientés, profondément brûlés,  qui errent lamentablement, dès que l'on s'éloigne  du point d'impact; des cendres blanches sous forme de flocons, hautement radioactifs tournoyant et s'abattant dans le silence qui suit le flash lumineux intense et l'onde de choc dévastatrice; enfin des mois et des années plus tard, les morts par milliers, les corps rongés de l'intérieur par l'effet des radiations.
L'effet visuel en était tellement intéressant que E. de Rossignoli n'a pas voulu en priver ses lecteurs . Dans "H sur Milan" , il décrit la ville italienne foudroyée par la bombe, avec tout un pittoresque de la catastrophe et ses personnages quelque peu surréalistes comme ceux qui ne sont plus qu'une ombre, filigrane de corps humain, collée par la chaleur sur des murs en béton. Parfois, ces paysages de cauchemar sont survolés inlassablement par des avions-robots porteurs de mort (des drones du futur proche, peut-être) qui poursuivent assidûment leur oeuvre de mort en une ridicule rhapsodie funèbre, l'homme étant depuis longtemps absent du théâtre des opérations (le Jour se lève).   L'angoisse transmise par la bombe a aussi été valorisée dans le domaine de la chanson. "Y'avait une ville" de Nougaro met en relief l'avant et l'après d'un tel événement. Les images de paix et d'amour s'évanouissent dès le sifflement annonciateur de la catastrophe. Antoine préférera la note intimiste pour évoquer "Juste quelques flocons qui tombent", lorsque l'hiver nucléaire s'installe sur Paris.
Comment se préserver d'un sort affreux? Les quelques malins qui prévoient la survie dans leurs abri anti-atomiques ne se verront pas mieux lotis lorsque le malicieux Gébé leur fait distribuer des "Lettres aux survivants" , par des facteurs en tenue protectrice, qui leur rappellent la douceur de vivre au temps jadis. Il n'y a certainement pas de bonne solution. Dans "les Bébêtes", la famille égoïste qui s'est enterrée pour échapper aux radiations mourra par l'ingestion d'aliments contaminés La survie ne va donc pas de soi. Il ne suffit pas d'échapper à l'explosion. Encore faut-il se préserver des radiations, de l'air et de l'eau contaminée, rechercher de la nourriture propre, se cacher des individus faméliques ou mutants qui hantent les ruines. Tout un programme! Et l'on ne peut vraiment pas en vouloir aux adolescents de "Mission à Versailles", avec leurs dents qui se déchaussent et leurs escarres, lorsqu'ils accueillent un adulte en mission de prospection, responsable, selon eux, de leurs malheurs. Quant la "Miss du château", puisqu'elle est encore vivante, elle a décidé de choisir une autre voie: dans son abri de béton elle s'ouvre aux vaillant militaires!
Les mutations suivent de près la disparition de la cité et peuvent contribuer à la parution d'une longue saga. Dans "le Survivant", série forte de cinquante-quatre volumes, le héros, John Rourke, après que les principales villes américaines aient été volatilisées par les Russes, traque sans relâche les mutants, les zombies, les déviants, les bikers fous, les fanatiques, et j'en passe. Pierre Barbet préfère suivre les destinées individuelles de rares personnages pris dans la tourmente. Dans "les Survivants de l'apocalypse" , l'avenir de quelques français dans un pays meurtri par l'atome, n'est pas celui qu'ils ont prévu pour eux. Les abris anti-atomiques serviront à leurs domestiques et l'exigence de la survie donnera l'occasion à des individus falots de se surpasser.
L'avenir des sociétés se joue souvent à la seconde près. William R. Fortschen en est persuadé, avec "Une seconde après", qui développe les conséquences catastrophiques d'un effet IEM (Impulsion Electro-Magnétique), lié à l'éclatement de la bombe. En un clin d'oeil toute communication est abolie, l'électricité a disparu et le monde est fractionné. L'avenir s'ouvre sur un nouveau moyen-âge.
Le thème est profondément pessimiste, à deux niveaux. En premier lieu, il démontre que les sociétés n'ont pas su écouter la voix de la raison, qu'elles ont suivi les politiciens véreux, les impérialismes de la finance, les menées aventureuses de certains militaires et.. leur propre lâcheté.. En deuxième lieu, il met l'accent sur la fragilité de nos fastueuses mégapoles. Ainsi, existe-t-il pour les crises de notre temps,  une littérature du témoignage et de l'avertissement. Tenons en bien compte et gouvernons-nous en conséquence!


 
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