Aéropolis - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

Aéropolis

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

Aéropolis par Henri Kistemaeckers, Eugène Fasquelle éd., 1909, 1 vol. broché, in-12 ème , 276 pp. illustrations de René Vincent. roman d’expression française
1ère  parution : 1909
guerres futures 1  - péril jaune et guerres des races


Henri KISTEMAECKERS

(1872-1938) Romancier et auteur dramatique belge. Etudes à l'université de Bruxelles. Licence ès lettres. Fondateur du journal "la Lutte". Vivra à Paris. Pièces de théâtre jouées à la Comédie Française, au Théâtre de Paris, etc. Président de la société des Auteurs-Compositeurs.

Aéropolis représente la société du futur de l’auteur (1908) où l’aéroplane a triomphé dans les modes de déplacement. La conjecture, avec humour et ironie, extrapole à partir de concepts tels que ceux de « taxi aérien », « d’embouteillage du ciel », résoud des problèmes d’ordre technique,  discute de la pertinence des termes "aviateurs " ou "aéromanes",  envisage  «un ciel tellement encombré qu’il occulte le soleil».
C’est à partir du chapitre 44 et jusqu’à la fin du roman que tout se complique. Un matin notre " sporstman " surpris est réveillé par un Japonais très très poli, le commandant  Fidé-Yosi-Ten-Woo. Il lui annonce que l’invasion jaune tant redoutée par les Occidentaux s’est faite durant la nuit, que les aéroplanes du Pays Levant se sont abattus sur l’Europe comme un vol de sauterelles. Tout résistance ayant été annihilée, le seul choix laissé aux Blancs est de "se suicider " ou "d’être suicidé " car les Japonais sont si nombreux et ils une telle envie d’espace vital! Malgré l’insistance du commandant notre sporstman ne s’en laisse pas compter. Il applique à l’exécuteur venu le suicider un vigoureux "uppercut" qui le laisse "knock-out". Derechef, il suscite l’admiration du commandant jaune à cause de sa technique de combat. Non seulement on l’épargnera, non seulement il sera chargé d’inculquer le noble art à des guerriers jaunes désireux de s’instruire, non seulement il ceindra la tenue de samouraï,  mais encore, soumis à un  strict programme d’eugénisme, ses gènes devront fertiliser la race conquérante par un mariage imposé.
" Car selon les dispositions de notre ministre de l’Avenir et du Travail (…) nous devons faire quartier à quelques spécimens exceptionnels de la race blanche lorsqu’ils se seront signalés à notre attention par un témoignage remarquable de vigueur physique et de santé. De même que nous allons emprunter à votre civilisation ce qu’elle a d’utilement applicable à la nôtre, de même entendons-nous réserver quelques étalons occidentaux pour opérer des greffes sur notre arbre généalogique. "

Le héros se plie aux exigences du vainqueur, surtout que sa future épouse étant sotte comme toutes les Japonaises, ne le dérangera pas puisqu’elle est juste capable de s’occuper de futilités de l’avis même de Fidé-Yosi-Ten-Wou :
"- Elle a l’air très intelligent, n’est ce pas ? me dit Fidé-Yosi. - Elle est exquise ! dis-je - Eh bien ! que cela ne vous effraie pas -, reprend le commandant qui suit son idée. Elle a l’air très intelligente, mais elle est stupide. "
Finalement le héros blanc s’accommode assez bien de la dictature jaune, y trouvant même quelques plaisirs lorsqu’il aura admis que toute velléité de conspiration s’avère inutile.
Une charge appuyée et parfois lourde contre la menace du péril jaune, crainte récurrente au début du XXème siècle. Texte rejoignant cette catégorie si abondamment illustrée par le Commandant Danrit (l’Invasion jaune) ou Jules Lermina (la Bataille de Strasbourg)


couverture du roman "Aéropolis"
une belle couverture pour un roman dédiée aux joies nouvelles de l'aviation et aux dangers anciens du péril jaune.
 
 
Retourner au contenu | Retourner au menu