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Accident de référence

les oeuvres > MENACES ET GUERRES NUCLEAIRES

Accident de référence par Pascal Meslin, Mercure de France éd., 1978, 1 vol. broché in-12 ème , 156 pp. couverture illustrée par l’atelier Pascal Vercken. roman d’expression française
1ère  parution : 1978
menaces et guerres nucléaires

Pascal MESLIN
(aucune référence)

Au sein du petit état imaginaire d‘Anabase se situe la centrale nucléaire d’Algave, orgueil de cette nation et productrice de la quasi-totalité de l’électricité du pays. Sophistiquée et bien protégée derrière ses enceintes de confinement, elle nécessite peu de surveillance, à travers un personnel hautement qualifié. C’est pourquoi l’ancien technicien Alain Londy, obligé de démissionner après plusieurs fautes techniques, n’aura aucune difficulté pour se venger. Esprit perturbé, Londy a fraternisé avec une cellule de jeunes écologistes de combat qui voient en lui le spécialiste capable de provoquer une prise de conscience du pays contre le danger nucléaire.
Et comme rien ne vaut la démonstration par l’exemple, ils souhaitent saboter la centrale en créant un incident limité susceptible d’alerter les autorités. Mais Londy ne l’entend pas de cette oreille. Il programmera la sabotage du circuit primaire de manière à relâcher la vapeur circulant dans les tuyaux proches du cœur du réacteur, asséchant les piles d’uranium, pour provoquer leur fonte, puis leur explosion.
Ils pénètrent dans le bâtiment par une bouche d’évacuation d’eau chaude puis investissent le centre de commande principal où l’ingénieur de surveillance, Robert Morand, sera réduit à l’impuissance. Corinne, Pierre et Vincent, les comparses de Londy , ne comprennent pas que l’homme les condamne à mort. Il disparaît pour désactiver la centrale de refroidissement et, en détruisant les commandes automatiques de fermeture des portes d’enceinte, il espère provoquer une explosion majeure par ce que l’on appelle déjà un « accident de référence » :
« A ses pieds, la vaste piscine du réacteur, doublée d’acier inoxydable, asséchée à l’exclusion des périodes de chargement et de déchargement du combustible, lorsque, dans son fond, le couvercle de la cuve est enlevé. Trente mètres plus haut, le dôme de l’enceinte sur la face duquel serpentent les tubes d’aspersion utilisés en cas d’accident grave. Et, accrochés aux parois internes, les générateurs de vapeur qu’alimentent, pour le circuit secondaire, de grosses tuyauteries courant le long du mur, quelques mètres au-dessus de lui. La base d’un générateur de vapeur, quinze mètres plus bas, constituait son objectif. ».
Mais Jean-Bernard Picot, un second ingénieur en tournée d’inspection dans l’intérieur du bâtiment, a échappé à la vigilance des terroristes. Il refermera les portes. Aussi, Londy, après avoir déposé sa charge de plastique pour faire sauter les canalisations aussi proches que possible du cœur du réacteur, trouvera-t-il le sas du retour hermétiquement fermé. Prisonnier de sa folie, il sera condamné à mourir dans l’explosion.Picot réussira aussi à joindre les autorités compétentes qui mettent aussitôt en place le plan d’évacuation de la zone dangereuse en faisant appel à l’armée. L’explosion aura lieu, mais grâce à la prévoyance de Picot, les effluves mortelles resteront contenues suffisamment longtemps pour que les dispositions prises puissent éviter le pire.
Ecrit quelques années avant le tragique accident de Tchernobyl , le roman de Meslin, lourdement appuyé sur une foule de détails techniques, met en évidence la faiblesse du système qui peut provenir de l’intérieur même, ce que nulle autorité ne saurait prévoir : le sabotage prémédité et consciencieux par un personnel qualifié et décidé. Un récit travaillé en un style clair et qui incite à la réflexion.


couverture du roman "Accident de référence"
couverture de l'édition originale
 
 
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