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2 morts...20 milliards

les oeuvres > DISETTE D'ELEMENTS

2 morts…20 milliards par Robert Collard, S.E.P.E. éd., 1949, coll. " Le Bandeau Noir ", 1 vol. broché, in-12 ème, 190 pp. couverture illustrée.  roman d’expression française
1 ère  parution : 1949
disette d’éléments -  menaces idéologiques


Robert COLLARD

dit LORTAC (1884-1973) Ecrivain français, dessinateur, scénariste, critique, pionnier du dessin d'animation. Travaille avec Emil Cohl. Ouvre un atelier d'animation, pépinière pour jeunes auteurs. Ecrit des romans policiers et de science-fiction dans le domaine de la littérature poulaire (Démonax). Scénariste de Giordan (Météor), de Brantonne (Fulguros), de Pellos (Pieds Nickelés)


Pascalon et le Boazec, inspecteurs à la P.J., enquêtent à Saint-Germain-Lembron (Auvergne) au sujet d’une mystérieuse affaire : dans un camion de transfert de fonds un chargement de deux milliards de francs en billets se serait volatilisé sans que les scellés apposés n’aient été défaits. Interrogeant habilement la faune locale, il ne leur faut pas très longtemps pour remonter la piste, surtout après l’assassinat d’un jeune homme, François Vaillard, qui semblerait lié au vol.
Le pivot de l’affaire est Germain Scouarlez, le roi des chiffonniers, apparemment riche,  mais en réalité ruiné. Celui-ci ayant eu vent récemment du «rayon Epsilon»,  découverte faite par son frère, le savant Aristide dont François était l’étudiant, il assassine le second comme il s’était débarrassé du premier. Il désire frénétiquement s’approprier le " rayon Epsilon " produit par une machinerie complexe,  qui possède une propriété unique, celle de détruire totalement tout support lié à la cellulose.
En l’enclenchant à bon escient, Germain espère se délivrer de tous soucis : plus de traites imprudemment signées, plus de lettres de change, plus de reconnaissances de dettes à l’égard de son deuxième frère, Paul-Emile, qu’il hait mais dont il se rapproche, l’associant à ses affaires défaillantes pour se renflouer. Il envisage même de sacrifier sa fille unique, Florette, par un mariage non voulu qui l’unirait à Georges Miolis, apparenté à Paul-Emile.
C’était sans compter sur la perspicacité des deux inspecteurs. Ils débrouillent l’affaire, arrêtent Germain au péril de leur vie, avertissent Paul-Emile de la culpabilité de son frère, récupèrent la machine génératrice du rayon Epsilon. Mais déjà il est trop tard.
Germain a vendu l’invention à une mystérieuse association anarchiste, la P.O.L.M. (la Paix ou la Mort) qui déclenche le fatal rayonnement sur la totalité du monde libre afin d’y imposer son ordre. Tout papier, toute cellulose disparaît de la surface du globe. Le Bozec et Pascalon se promènent dans un Paris soumis au désordre. Partout la chienlit, des émeutes, des scènes de pillage, des suicides, partout la paralysie de toute activité économique, la disparition de toute forme de bureaucratie, la chute du gouvernement. Les désordres tournent à la lutte armée lorsque des factions du P.O.L.M. investissent une ville déjà à genoux :
" Des trompettes, des tambours résonnèrent. Venant de la rue Montmartre, une troupe s’avançait en bon ordre. Sur quatre rangs, des hommes en uniforme gris, mitraillette sur l’épaule, marchaient au pas. La foule s’écartait sur leur passage et s’étonnait de leur tenue martiale, de leurs casques métalliques surmontés à l’insigne parlant de la POLM, une tête de mort et un rameau d’olivier entrelacés. Des tanks, des autos blindées, suivant au ralenti les fantassins, produisaient un vacarme étourdissant.(…)
– On se bat dans Paris ! murmurèrent-ils, fort émus en songeant que le sang français coulait, versé par des Français. La physionomie de la grande ville n’avait plus aucun rapport avec ce qu’elle était quelques heures plus tôt. Les rues étaient plongées dans l’obscurité. Les foules de badauds qui se promenaient durant l’après-midi, dans une ambiance de Mardi-Gras, avaient disparu, se terraient sans doute chacun chez soi, tous volets clos, par peur de la guerre civile. Une lourde angoisse, un silence écrasant, uniquement rompu par les échos de la canonnade et des mitraillades, pesaient sur la cité noire. "
Tout est perdu, y compris pour nos deux héros recherchés, capturés et condamnés à mort pour activité anti-Germain Scouarlez, devenu le meneur du P.O.L.M.
Heureusement pour eux… ce n’était que le  cauchemar de Le Bozec,  qu’interrompt le coup de feu final de Germain, qui préfère se suicider plutôt que de passer sous la guillotine.
Le roman, à l’intrigue uniquement policière, aurait pu se terminer lors de la capture du criminel. Mais l’auteur, dans les deux derniers chapitres, s’est amusé à tirer toutes les conséquences de sa petite invention en réglant avec humour et ironie quelques comptes avec l’institution. Dans notre domaine, il faut parfois traquer les éléments cataclysmiques là où on les attend le moins.  



couverture du roman "2 morts 20 milliards"
couverture de ce roman policier qui dérive vers le genre cataclymique
 
 
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